vignette|redresse=1.7|Carte situant le glissement de terrain, tsunamigène, de Storegga et sa direction par rapport à la Norvège actuelle (en jaune) ; L'essentiel des matériaux (environ Bondevik, S., Mangerud, J., Dawson, S., Dawson, A., Lohne, Ø., 2003. Record-breaking height for 8000-year-old tsunami in the North Atlantic. EOS 84, 289, 293. Voir résumé.) semblait avoir été transporté sur une distance atteignant de longueur, et jusqu'à environ pour les plus fins, bouleversant ou modifiant environ . Nota : au moment de la catastrophe, le niveau marin était bien plus bas ( par rapport à aujourd'hui) ; on sait maintenant (2023) qu'il y a eu plusieurs évènements successifs.. C'est le mégatsunami du Storegga qui a rouvert le détroit du pas de Calais.

vignette|redresse=1.7|En jaune, hauteur de la vague du tsunami créé par l'effondrement du Storegga, selon la hauteur des tsunamites (perturbations et dépôts sédimentaires laissés au moment du retrait de la vague du tsunami)Un tsunami en Belgique ?. À cause de la remontée du niveau de la mer, si un événement semblable se produisait aujourd’hui, la configuration de la vague et sa hauteur seraient différentes ; il aurait par exemple ..

vignette|redresse=1.7|Les points bleus indiquent, par rapport à l'emplacement du toboggan du Storegga les endroits où des dépôts de tsunamis contemporains ont été identifiés (près d'une trentaine en 2019). Les barres graduées (noir et blanc) donnent les valeurs approximatives de la hauteur du tsunami (calculs de Bondevik, Svendsen, Johnsen, Mangerud et Kaland (1997) in The Storegga tsunami along the Norwegian coast, its age and runup. parus dans la revue Boreas (26, 29–53)., cités par A & S Dawson en 2020.

Les deux ou trois glissements de terrain du Storegga (mot norvégien signifiant en ) sont considérés comme ayant constitué les plus grands glissements de terrain sous-marin actuellement connus en Europe. Ils se sont produits en mer de Norvège à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Molde. Ils ont causé au moins un tsunami qui, il y a environ , alors que le niveau marin était environ 20 m plus bas qu'aujourd'hui., s'est propagé à des centaines de kilomètresBondevik, S., Svendsen, J.I., Mangerud, J.(1997) Tsunami sedimentary facies deposited by the Storegga tsunami in shallow marine basins and coastal lakes, western Norway. Sedimentology 44, 1115–1131.. Le second tsunami, il y a environ , fut de moindre importance, mais a quand même produit une vague remarquableDawson, AG, Long, D. and Smith, DE (1988) The Storegga Slides:Evidence from eastern Scotland for a possible tsunami; Mar. Geol, 82, 271-276 (Cité par Bondevik, 1997)..

La partie orientale de cette zone, malgré une sismicité importante, est aujourd'hui exploitée par plusieurs plateformes pétrolières offshore ; elle constitue le champ gazier d'Ormen Lange (découvert en 1997 et exploité depuis ), qui est le second champ de gaz norvégien en importance, juste après le champ gazier de Troll également exploité. Non loin se trouve également le champ pétrolifère et gazier de Brent. Norsk Hydro, opérateur sur ce champ gazier a fait étudier le risque d'un nouveau glissement de terrain dans la zone et cherche à comprendre les causes de cet effondrement. Il a dû adapter son design d'installations immergées (pipe-lines notamment) aux fonds marins déstructurés par les nombreuses terrasses successives d'effondrement et zones de fluxions ou de cônes d'éboulement.

. Mais des études plus récentes (basées sur les modèles de contraintes sédimentologiques et sur de nouveaux échosondages du sédiments) ont conclu qu'une grande partie des matériaux trouvés dans la cicatrice du Storegga proviennent d'un effondrement précédent baptisé Glissement de Nyegga, daté à ~20 000 ans, à la fin du dernier maximum glaciaire, qui aurait arraché et transporté plus de 35 m d'épaisseur de sédiments antérieurement attribués au glissement tsunamigène de Storegga. D'autres cicatrices d'effondrement de ce type sont connues autour de la mer de Norvège (dont deux autres de grande taille, plus au nord et en pleine mer), en Atlantique Nord-Est. D'autres zones d'effondrement et/ou riches en tsunamites ont aussi été découvertes au bord du Groenland (où existe une couche de de sable probablement apportée par la vague du tsunami du Storegga)Wagner, Bernd, Ole Bennike, Martin Klug, and Holger Cremer (2007), First indication of Storegga tsunami deposits from East Greenland, J Quaternary Sci, 22(4), 321.Résumé, et en ÉcosseStuderer kvartær - geologisk kjempe ; Nordsjøvifta, présentation du travail universitaire de Karoline Wallsten (avec carte), 4 novembre 2011. Des affaissements tsunamigènes à la marge médio-norvégienne se produisent donc plus fréquemment qu’on ne le pensait auparavant, ce qui invite à revoir à la hausse le risque de Tsunami en Mer du Nord et Atlantique nord, d'autant que selon trois expertsSong Jing (Académie chinoise des sciences ; Laboratoire sismique 3D, École des sciences de la Terre et de l’environnement del'Université de Cardiff ; Laboratoire de géologie des océans et des mers marginales, à l'Institut océanologique de la mer de Chine méridionale, Guangzhou), Tiago Alves (Laboratoire sismique 3D, École des sciences de la Terre et de l’environnement, Université de Cardiff) ; Kamal’deen O. Omosanya (Département des géosciences et du pétrole, Université norvégienne des sciences et de la technologie à Trondheim) (2022), .

Description du complexe d'effondrement du Storegga Le complexe d'effondrement du Storegga correspond à une zone de remobilisation brutale de plusieurs milliards de mètres cubes de roche et sédiments. Cet effondrement a peut-être été préparé ou déclenché par un ou plusieurs tremblements de terre, mais il est à ce jour impossible de le démontrer. Il semble résulter d'au moins deux effondrements majeurs de l'escarpement du plateau continental qui ont causé chacun un tsunami dont la force et l'étendue font encore l'objet d'études et de modélisations. Un peu moins de ans plus tôt, un autre évènement de ce type avait déjà eu lieu.

Ces effondrements se sont entièrement ou essentiellement produit sous le niveau marin, à l'époque mésolithique, soit à la fin de la dernière glaciation, alors que la calotte polaire nord fondait encore rapidement, et que le niveau de la mer remontait (mais était encore environ 20 mètres plus bas qu'aujourd'hui), il y a environ , au nord-est de la mer du Nord, en mer de Norvège. Son couloir d'affaissement sous-marin est orienté selon un axe nord-ouest/sud-est, et il est situé entre la côte norvégienne et un point se trouvant à environ au nord-ouest de la région de Møre.

On sait depuis peu (2023) qu'au moins un énorme glissement de ce type s'était antérieurement produit, il y 20 000 ans environ. Puis un premier glissement du Storrega est estimé s'être produit sur de large, emportant et dispersant environ de débris. qui a été .

Cette région est encore sismiquement très active.

Modélisations, simulations et traces fossiles Aucun témoignage humain écrit, gravé ou peint relatant cet évènement n'est connu pour cette période préhistorique. Les scientifiques doivent donc le modéliser pour mieux le comprendre et en prévoir éventuellement d'autres, plus ou moins similaires.

Harbitz en 1992., Bondevik et al. en 2005, Løvholt et al. en 2005. et Hill et al. en 2014. ont d'abord construit des modèles simplifiés, considérant l'évènement comme s'il s'agissait de glissements de corps rigides, puis les progrès de l'informatique ont permis des simulations bien plus réalistes de l'écoulement des matériaux, et par suite de la génération du tsunami.. En 2005, De Blasio et al. avaient utilisé le modèle numérique « BING » mis au point par Jasim Imran (modélisateur à l'Université de Caroline du Sud). et ses collègues en 2001. pour simuler les coulées visco-plastiques de débris, sur la base de la rhéologie Herschel-Bulkley afin de modéliser le ruissellement (au moins dans sa dimension horizontale (1HD), le long d'un transect bathymétrique).

Pour expliquer la distance étonnamment longue du « toboggan » du Storegga (), De Blasio et ses collègues, en 2005, ont créé une extension de BING incluant l'« aquaplaning » (extension mise au point par Mohrig et ses collègues. en 1998., puis améliorée en 1999.) et le « remoulage ». Le modèle de De Blasio et al. (2005) étant limité à 1HD, il ne pouvait pas simuler la distribution spatiale détaillée du glissement, ni précisément simuler le tsunami (selon les modèles et données disponibles vers 2005, la vague du tsunami a pris une forme ovoïde ou arrondieBernard Weninger, Rick Schulting, Marcel Bradtmöller, Lee Clare, Mark Collard, Kevan Edinborough, Johanna Hilpert, Olaf Jöris, Marcel Niekus, Eelco J. Rohling, Bernd Wagner, The catastrophic final flooding of Doggerland by the Storegga Slide tsunami, UDK 550.344.4(261.26)"633 : Documenta Praehistorica XXXV (2008), PDF, 24 pages ; voir reconstitution des zones à l'époque et des zones touchée (voirfigures 4 et 5) et de l'onde (voire modélisation cartographiée page 15/24), à la suite du glissement de terrain qui a charrié d'énormes quantités de pierres, graviers, galets, sable et argile (et peut-être de glace et d'hydrate de méthane). Les plus lourds de ces matériaux ont été déplacés dans un couloir de près de de large, et des études ont montré que certaines parties de la « cicatrice » du glissement de terrain s'étendent jusque dans les grands fonds marins, jusqu'à environ du point de départ de l'affaissement pour les plus légers.

thumb|redresse=1.7|Comparaison de la hauteur réelle (barre verticale), estimée d'après les preuves de dépôts in-situ du tsunami à Maggie Kettles Loch dans les îles Shetland comparée à deux modélisations de la hauteur de la crête de la vague du tsunami du Storrega sur les îles Shetland basé (et variation sur quelques heures). Les deux modélisations (trait plein noir, et pointillé) sont respectivement basées sur des vitesses de glissement de 20 m/s et 35 m/s (Source : Downson & al, en 2019, d'après Bondevik et al. en 2005). Concernant la hauteur atteinte par la vague en pleine mer et quand elle « escalade » le trait de côte, par rapport au niveau de la paléo-mer (-20 m par rapport à aujourd'hui). Il existe deux grands moyens de l'évaluer : la modélisation mathématique ; mais elle reste simplificatrice, et souffre du fait que de nombreux paramètres sont encore inconnus, dont le coefficient de la marée, le moment par rapport à la marée, l'état de la mer, la force et la direction du vent au moment de l'effondrement, la saison, et la manière précise dont l'effondrement s'est produit ; les preuves sédimentaires ; ce sont les tsunamites et d'autres traces encore observable sur les terres émergées ayant été exposées à cette vague. Elles apportent des données précises, mais qui ne concernent que les zones échantillonnées et étudiées ; elles ne peuvent être extrapolées à la plupart du paléo-littoral ou des terres émergées encore non-échantillonnés. ....

vignette|Accroissement de la hauteur de la vague d'un tsunami à l'approche des côtes. Cette différence est probablement due au fait que les modèles ne sont pas .

Par exemple, au niveau des îles Shetland : les modèles numériques du tsunami pour les Shetland suggèrent que la hauteur des vagues aurait atteint une cote maximale de l'ordre de +13 m au-dessus du niveau marin de l'époque (- 20 m environ par rapport à aujourd'hui), mais ils semblent sous-estimer la réalité ; les traces laissées par le tsunami, indiquent plutôt une vague d'environ 20 m au-dessus du niveau de la marée haute ().

Contexte géo-climatique Sept « méga-glissements » (megaslides) pré-Holocène sont connus comme ayant eu lieu en mer du Nord sur la marge continentale médio-norvégienne, entre 62 et 67°N. Tous ont en commun de : concerner des dépôts hémipélagiques à grains fins stratifiés sismiquement, généralement développés sous forme de dérives de contourite ;