Le Livre de la vie (en ) est un ouvrage écrit par Thérèse d'Avila en 1566 et publié pour la première fois en 1588. Cet ouvrage, en grande partie autobiographique, raconte la vie de la sainte jusqu'aux toutes premières fondations de couvents (1566). Dans son écrit, Thérèse explique son parcours spirituel, sa conversion et les expériences spirituelles qui ont transformé sa vie. C'est pourquoi certaines personnes estiment que ce livre est plus un .

Si la première version autographe du document a été perdue, la seconde version du document est toujours conservée dans la bibliothèque royale de l'Escurial. L'édition du document a été longtemps retardée par la saisie du manuscrit par l'Inquisition, qui malgré un avis positif, a bloqué la diffusion de l’œuvre pendant de longues années. Une fois la première édition de l’œuvre réalisée, l'ouvrage a été rapidement traduit et diffusé dans différents pays. Depuis cette date, l'ouvrage est régulièrement réédité et traduit dans le monde.

Historique vignette|droite|alt=Tableau représentant Thérèse en clair-obscur, regardant le spectateur, les mains jointes.|Thérèse d'Ávila, par François Gérard, 1827. Infirmerie Marie-Thérèse, Paris.

Le Contexte En 1533, Thérèse d'Avila entre au couvent de Carmélites d'Ávila. Dans les années 1540, Thérèse commence un cheminement spirituel. La lecture des Confessions de saint Augustin est une aide précieuse qui l'incite à aller vers . En 1560, elle rencontre saint Pierre d'Alcántara qui approuve cet état d'esprit, et saint Louis Bertrand l'encourage à mettre en œuvre le projet de réforme de l'Ordre du Carmel, qu'elle a conçu : fonder à Ávila un monastère observant strictement la règle de l'OrdreLa règle initiale du Carmel, très austère, avait été assouplie au , par une série de décisions papales. Les mitigations successives avaient éloigné la pratique religieuse des couvents des rigueurs initiales. Thérèse souhaitait revenir à la règle initiale. Voir Première fondation à Avila...

La rédaction de l’œuvre

En 1562, Thérèse se prépare à fonder son premier couvent réformé à AvilaLe couvent est inauguré le 24 août 1562., différents confesseurs dominicains (le père Pedro Ibáñez, le père Domingo Báñez et le père Garcia de Toledo)., lui demandent de rédiger ses mémoires. Thérèse rédige donc une première du livre sans pour autant lui donner de titreCette première version de l'ouvrage est perdue.. Quand Thérèse termine sa rédaction (en 1562), le père Garcia de Toledo (ainsi que le père Báñez) lui demande d'ajouter le récit de la fondation du couvent Saint-Joseph d'Avila, ainsi que différents éléments concernant la vie spirituelle. Thérèse commence donc la rédaction d'une nouvelle version de son œuvreThérèse ne se contente pas de rajouter quelques pages à son ouvrage, mais elle reprend une copie complète, depuis le début, avec probablement de nombreuses modifications. entre 1563 et 1565Les auteurs ne sont pas tous d'accord entre eux, différentes dates sont proposées..

Thérèse ne donne pas de titre à son écrit, ni pour la première version, ni pour la seconde. Elle ne l’appellera que Le grand livre lorsqu'elle en fera référence dans ses correspondances. Dans une correspondance particulière, à la fin de sa vie, elle l'appelle Le livre des miséricordes de Dieu, p. 126..

Anecdote : Pour faire valider son écrit (avant sa diffusion), Thérèse fait relire son manuscrit par différents théologiens. Tous les théologiens qui ont lu ce livre admirent son contenu et parfois le recopient, mais en faisant des modifications dans le texte. Le père Báñez, très contrarié, menace alors Thérèse de brûler l'ouvrage original. Celle-ci ne bronche pas, et finalement, le père dominicain se ravise et n'évoquera plus le sujet. D'autres lecteurs ont également fait des copies comme le duc d'Albe ou le père Gratien (qui en a fait plusieurs copies).

Les manuscrits originaux

Le premier document autographe de Thérèse d'Avila (rédigé en 1562) a été perdu. Seule la seconde rédaction est parvenue jusqu'à nous. Ce document est conservé dans la bibliothèque royale de l'Escurial : le roi Philippe II ayant exigé que les La grande réputation de Thérèse d'Avila, déjà de son vivant, et l'intérêt du roi d'Espagne pour ses projets de réforme expliquent cette attention du roi pour ses écrits (intérêt augmenté par la des documents originaux rédigés par la Madré). soient déposés dans la bibliothèque royale, cet exemplaire y a donc été versé. À ce jour, le manuscrit est toujours conservé dans cette bibliothèque..

Don Francisco Soto y Salazar, l'inquisiteur chargé d'examiner le livre, est très (favorablement) impressionné par son contenu. Il rédige une (une approbation) directement sur le manuscrit original, sur la dernière page. Cette approbation, datée du , est toujours présente sur le manuscrit original..

Les éditions de l’œuvre Malgré l'avis très positif de l'Inquisition sur l'ouvrage (Thérèse d'Avila avait été informée par le Cardinal Quiroga, archevêque de Tolède, que l'Inquisition a trouvé ), au décès de Thérèse, en 1582, le livre est toujours au dépôt du Saint Office, et donc non publiable. Anne de Jésus demande donc à l'impératrice Marie d'Autriche (sœur de Philippe II), d'intervenir auprès de l'Inquisition. En 1586, sur l'intervention de cette dernière, le manuscrit est retiré du Saint-Office et remis à Luis de León afin d'être publié.

La première publication officielle de l’œuvreEn dehors des copies manuelles faites avant cette date. est faite lors de l'édition de princeps réalisée par Luis de León en 1588 qui comporte les ouvrages suivants : Le Livre de la Vie, le Chemin de perfection, le Château intérieur, ainsi que quelques autres écrits mineurs (Relations, Exclamations, Avis spirituels).. Cette édition est financée en partie par Jean de Brétigny (un gentilhomme français), qui dès 1598 commence la traduction de l’œuvre en français. La version française est relue par le père Guillaume de Cheure, puis publiée en 1601 à Paris, en trois volumes (le Livre de la Vie est publié en tête des œuvres). Une publication en Italie a eu lieu juste avant la publication française. D'autres traductions (et publications) sont faites en France en 1630, puis 1644 et 1670..

À la fin du , Marcel Bouix, jésuite, consulte les manuscrits originaux et retraduit l'ensemble des œuvres. Aujourd'hui, il existe trois traductions françaises principales des œuvres thérésiennes : traduction du père Grégoire de Saint Joseph (aux éditions du Seuil.) traduction de Marcelle Auclair (Éditions Desclée de Brouwer.) traduction des Carmélites de ClamartTraduction réalisée par mère Marie du Saint Sacrement, puis revue et corrigée à plusieurs reprises par des carmélites du couvent. (éditions du Cerf.)

Présentation de l’œuvre Cet écrit est le premier rédigé par Thérèse d'Avila, c'est aussi le plus important en volume (nombre de pages écrites). Il compte pas moins de 40 chapitres.

Didier-Marie Golay conteste le qualificatif pour ce récit du fait que . Il souligne d'ailleurs que (sauf Pierre d'Alcántara, François Borgia et Jean d'Avila), la ville d'Ávila n'est généralement pas nommée mais appelée . Pour D-M Golay, Thérèse, dans cet ouvrage nous témoigne de son expérience de . Cet avis semble partagé par le père Saverio CannistràLe père Saverio Cannistrà a été élu général de l'Ordre des Carmes déchaux en 2009. qui dans le guide de lecture de l’œuvre (diffusé à l'occasion des fêtes de son cinq-centenaire en 2015) déclare ..

Ainsi, pour les autorités du carmel thérésien, l'ouvrage est plus un guide spirituel qu'une simple biographie, Thérèse se plaçant comme . Ils qualifient ainsi le livre et invitent le lecteur (carme, carmélite ou simple laïque) à en faire une , se laissant guider par Thérèse, et à cheminer spirituellement à ses côtés..

Structure de l'ouvrage Le livre peut se découper en cinq grandes sections qui seraient les suivantes : première partie : chapitres 1 à 9. Thérèse raconte sa vie depuis son enfance jusqu’au tout début de ses expériences mystiques (soit 40 ans de vie). La conversion que va vivre Thérèse est une bascule pour elle qui se déroule sur deux années de vie... seconde partie : chapitres 10 à 22. Thérèse décrit précisément les quatre degrés d’oraison à l’aide d’une image allégorique : les quatre manières d’arroser le jardin. Le chapitre 22 synthétise tout l’itinéraire spirituel avec la médiation irremplaçable de Jésus-Christ, . Cette section aide à comprendre la nouvelle vie qu’elle a expérimentée depuis son entrée dans la vie mystique. Elle propose également une méditation sur la passion du Christ et réfute (au chapitre 22), les auteurs qui invitent à . thumb|Gravure du représentant Thérèse d'Avila transverbérée par une flèche enflammée (chap 29). troisième partie : chapitres 23 à 31. Retour au récit autobiographique avec une Thérèse transformée. Elle déclare : . Elle décrit les grâces mystiques (visions, ...) dont elle est .. quatrième partie : chapitres 32 à 36. Le récit de sa vie semble détourné par des faits extérieurs (la fondation de Saint-Joseph d’Avila). Mais pour Thérèse, les événements et leur chronologie sont le fruit et l’effet de son expérience mystique devenue source de vie pour les autres. Les grâces mystiques reçues sont considérées (par Thérèse) non comme un privilège particulier dont elle jouit, mais comme un don pour l’Église, dont tous pourront bénéficier. cinquième partie : chapitres 37 à 40. Thérèse revient à la narration autobiographique (de la troisième partie). Thérèse exprime .

Destination de l'ouvrage

Influence de l’œuvre

Lorsque Thérèse, pour faire valider son écrit, demande l'avis de théologiens, tous ceux qui relisent ce livre admirent son contenu, et parfois le recopient. Inversement, la saisie de l’œuvre par l'inquisition (et la destruction des copies), pousse des carmélites (ainsi que son confesseur) à demander à Thérèse la rédaction d'un nouvel ouvrage : ce sera le Chemin de perfection. Par la suite, son confesseur demandera à Thérèse de rédiger l'histoire de la fondation des couvents de carmélites réformées, et ainsi de terminer sa biographie (qui s'arrêtait en 1565) : ce sera le livre des fondations.

La lecture de ce livre a marqué des générations de carmes et carmélites qui ont déclaré être entrés au Carmel après avoir lu son œuvre (nous pouvons citer en exemple François de Sainte Marie Pulgar et Thomas de Jésus au , Thérèse Bénédicte de la Croix au , ou encore Cecilia Maria de la Santa Faz, morte au )..

En 2012, l'ensemble de l’œuvre littéraire thérésienne (dont le Livre de la Vie) entre dans la collection de la Pléiade, reconnaissant ainsi sa qualité littéraire.

Publié seul ou avec ses autres œuvres, l'ouvrage est régulièrement réédité depuis quatre siècles, et il est disponible chez de nombreux éditeurs.

Annexes Articles liés Thérèse d'Avila Les Fondations Ordre du Carmel Ordre des Carmes déchaux

Bibliographie Cette liste est non exhaustive.

. . . . (intègre tous les livres de Thérèse dont Le Château intérieur). . . . .

Introductions à l’œuvre .

Liens externes

Le Livre de la vie traduction française sur le site du Carmel. La vie de Sainte Thérère par elle-même (PDF) une autre traduction sur le site de l'abbaye de Saint-Benoit. Guide de lecture de la Vida sur le site du Carmel.

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Ouvrage de Thérèse d'Avila Catégorie:Livre paru au XVIe siècle Catégorie:Christianisme en Espagne Catégorie:Œuvre littéraire du Siècle d'or espagnol Catégorie:1588 dans le christianisme Catégorie:Autobiographie espagnole