vignette|upright=0.6|Une mère et sa fille.|alt=Photo en noir et blanc montrant une enfant et une femme lisant un livre vignette|upright=1.0|droite|Un père et son fils.|alt=Photo en noir et blanc montrant un enfant et un homme assis à une table
Le style parental est un concept de la psychologie qui désigne les conduites ou groupes de conduites que les parents utilisent pour élever leur enfant et qui influencent les résultats de l'enfant.
Plusieurs théories et beaucoup d'opinions ont été avancées sur les meilleurs moyens d'élever des enfants. Les théories sont influencées par les contextes historiques et culturels ainsi que par les idéologies sur l'enfance. Succédant aux écrits de John Locke en au Royaume-Uni, qui prône l'éducation et la discipline raisonnée, et de Jean-Jacques Rousseau qui au contraire condamne l'intervention excessive des adultes dans la vie enfantine, nombre de philosophes, puis éducateurs, médecins psychiatres, psychologues ou journalistes-écrivains ont publié leurs opinions sur les conduites parentales qu'ils pensaient optimales pour le développement de l'enfant.
La psychanalyse, les recherches sur l'attachement, puis les recherches empiriques des premiers psychologues du développement ont mis en évidence des relations systématiques entre laffection parentale et le contrôle parental, d'une part, et les comportements et réussites ultérieurs des enfants d'autre part. Les travaux de Diana Baumrind, débutés dans les années 1960, et la typologie mise en évidence, complétée par Maccoby et Martin (), sont les plus souvent cités. Selon Baumrind, les styles parentaux décrivent comment les parents réagissent (leur réactivité ou sensitivité) et ce qu'ils exigent (contrôles et exigences) de leurs enfants. Ses recherches mettent en évidence que les parents qui offrent à leurs enfants suffisamment de soutien () et d'indépendance tout en faisant preuve d'une certaine fermeté (ou contrôle) de leurs comportements, ont des enfants qui ont de meilleurs résultats dans plusieurs domaines. Dans le domaine de la psychopathologie et de la psychiatrie, des typologies de style parentaux sont également proposées : parents abusifs, parents narcissiques, parents surprotecteurs ou « parents hélicoptères ».
Des questionnaires et méthodes d'observations systématiques ont été développés pour évaluer les styles parentaux. Vers le milieu des années 1980, des études longitudinales ont été mises en place pour comprendre l'influence des styles parentaux dans le long terme. La validité interculturelle du modèle, souvent critiquée, a fait l'objet d'études à partir des années 1990. Malgré l'étendue des recherches sur le style parental, de nombreuses questions restent posées.
Définitions Quand parle-t-on de style parental ? vignette|Interaction entre des parents et leur fille. Oscar Pletsch, |alt=gravure représentant une famille, au premier plan une jeune fille, à ses côtés sa mère, au fond son pèreLe développement de l'enfant, de sa naissance à l'âge adulte, exige des parents une grande adaptation. Être un bon parent exige de guider, soutenir, être aimant, mais aussi discipliner et imposer des limites à l'enfant. Obtenir l'équilibre entre ces exigences est difficile, d'autant que l'enfant change sans cesse en grandissant. L'enfant doit être très protégé au départ, mais doit aussi gagner en indépendance pour devenir un adulte mature et autonome, ce que les parents doivent aussi encourager tout en le protégeant.. Pendant la première année de vie du nourrisson, les parents essaient de s'ajuster à un nouveau mode de vie qui consiste à s'adapter à leur enfant et à s'attacher fortement à leur nouveau bébé. Cette relation entre parent et enfant est décrite par le concept d'attachement. Par la suite, la scolarisation confronte les enfants à un milieu où de nouvelles règles sont en place, de nouveaux moyens disciplinaires employés, un milieu où l’autodiscipline devient nécessaire, où l'enfant doit socialiser avec ses pairs et avec de nouveaux adultes, et pour cela, s'adapter à de nouvelles normes et conventions sociales. À l'adolescence, les parents rencontrent de nouveaux défis lorsque leur enfant cherche à développer son indépendance.. Le style parental influence les résultats des enfants à toutes ces étapes de développement.
Le style parental désigne les ou régularités qui décrivent les pratiques courantes d'un parent envers son enfant pour le guider et l'encadrer dans son développement. En effet, alors que certaines conduites parentales spécifiques sont largement commentées et étudiées (par exemple discipliner son enfant en utilisant la gifle ou la fessée, ou bien faire la lecture à son enfant le soir), beaucoup de chercheurs ont remarqué que c'est l'ensemble des conduites et leurs patterns généraux qui influencent le bien-être de l'enfant. et qui créent un milieu général, ou « style ». La compréhension de ce contexte général est nécessaire et les études qui ne prennent en compte que certaines pratiques disciplinaires spécifiques ne sont pas suffisantes pour expliquer l'influence des parents sur leurs enfants.... La plupart des chercheurs qui travaillent sur ce thème s'appuient sur le concept de style parental tel que décrit par Diana Baumrind.
Dans sa revue de la littérature, Christopher Spera (2005) cite Darling et Steinberg (1993) qui suggèrent qu'il est important de bien comprendre les différences entre les styles parentaux et les pratiques parentales : , tandis que le style parental réfère au . Darling le décrit comme le « milieu parental général ».. Selon Bergonnier-Dupuy, Join-Lambert et Durning, le .
Autres concepts proches La parentalité est un terme général qui englobe tous les aspects et conséquences du fait d'être parent, la condition de parent et les fonctions de parent.. On parle de parentalité chez l'animal, en médecine, en droit, etc. (en anglais parenthood).
Le degré auquel l'éducation de l'enfant fait partie de la parentalité est un autre sujet de débat : on parle alors d'éducation familiale pour référer à la transmission de savoirs, connaissances ou savoir-faire dans le cadre de la famille..
Les parents diffèrent aussi quant à leur investissement parental : le temps et l'effort qu'ils sont prêts à investir.
Les parents peuvent recevoir une éducation parentale pour améliorer leurs pratiques.
Histoire des courants philosophiques, idéologiques et scientifiques ayant influencé les styles parentaux vignette|Statue de John Locke (Londres).|alt=Photo d'une statue en pied intégrée dans un bâtiment
Du Siècle des Lumières à la fin du Au siècle des Lumières, les ouvrages de deux philosophes ont largement influencé l'éducation des enfants en Europe. Dans Pensées sur l'éducation (1693), John Locke, philosophe, médecin et défenseur de l'approche empiriste, pose les fondements de l'enseignement de la pédagogie. Il décrit l'esprit de l'enfant comme une et souligne l'importance des expériences pour le développement de l'enfant. Ce développement passe par le développement d'un corps harmonieux, la formation d'un caractère vertueux et le choix d'un curriculum académique approprié. Il donne de nombreux conseils aux parents pour leur permettre de développer la pensée rationnelle de leur enfant, les met en garde contre les punitions qui ne sont pas expliquées et toutes formes de châtiment corporel. Son ouvrage est reconnu comme l'un des plus influents du siècle des Lumières en Europe : il est traduit en français et néerlandais avant la fin du , puis en allemand, italien et suédois au siècle suivant...
vignette|gauche|Jean-Jacques Rousseau (). Pastel de Quentin de La Tour, |alt=Portrait d'un homme aux cheveux blancs.
Le second ouvrage est Émile ou De l'éducation, publié par le philosophe Jean-Jacques Rousseau en 1762.. Dans cet ouvrage, Rousseau propose l'idée que l'éducation précoce repose plus sur les interactions de l'enfant avec le monde et moins sur les livres.. Il met en lumière sa vision de ce que doit être l'éducation d'un enfant. Il précise ainsi :
Rousseau a une position plus proche du mouvement « » ou laisser-faire. (voir ci-dessous), tandis que Locke serait plus proche des pratiques parentales décrites comme l'érudition concertée ou la culture concertée. (voir ci-dessous).
vignette|Une mère réprimande verbalement son jeune fils. Angleterre, |alt=tableau représentant deux enfants, une fille assise et un garçon debout, et leur mère assise dans un fauteuil rouge.
Depuis les écrits de Locke, les manuels visant à éduquer les parents se sont multipliés en Europe occidentale.. Locke met en garde contre les châtiments corporels, qui restent malgré cela une pratique courante au .. Avant lui, Érasme s'était également insurgé contre les mauvais traitements dont les enfants étaient victimes au nom de l'éducation, mais les écrits de Locke ont beaucoup plus d'influence.. L'historien Hugh Cunningham illustre le décalage entre idées et pratiques, en citant l'écrivain James Boswell, cultivé et ouvert aux nouvelles idées humanistes sur l'éducation. Malgré ses idées progressistes, James Boswell décrit et justifie, dans son journal intime, avoir battu très sévèrement son fils de trois ans parce que celui-ci a dit un mensonge..
Néanmoins, les écrits de Locke influencent fondamentalement certaines pratiques parentales dans le courant du : les mères se sont rapprochées de leur enfant, l'allaitement par la mère (et non par une nourrice) a été grandement encouragé par des médecins influents de l'époque ; les nourrices ont petit à petit disparu durant cette époque, ainsi que l’emmaillotement des nourrissons (on note une augmentation spectaculaire de 30 % sur la survie des bébés de en Angleterre, qu'il est possible d'attribuer en partie à ces changements).. Les relations parent-enfant semblent être devenues plus ouvertement affectueuses..
Le est donc l’époque où les parents commencent à se préoccuper et à se soucier de leur influence sur leurs enfants, un souci qui n'a d'équivalent qu'aux .. Les enfants deviennent beaucoup plus surveillés. Plus gâtés également, ce que Locke dénonce déjà à son époque. Paradoxalement, le commerce des jouets fleurit après Locke, car les jouets se sont vendus avec la promesse qu’ils aidaient au développement de l’enfant en facilitant leurs apprentissages.. La littérature pour enfants prend son essor à cette époque au Royaume-Uni, accompagnée de nombreux débats sur les lectures bénéfiques ou inappropriées aux jeunes.
Ce nouvel intérêt pour la période de l'enfance est également notable dans les autobiographies : des auteurs parlent désormais de leur enfance de manière beaucoup plus approfondie, cherchant dans leur enfance des clefs de leur compréhension de soi, ce que la psychanalyse poursuivra plus d'un siècle plus tard...
Le vignette|gauche|Le président américain Abraham Lincoln et son fils. |alt=Photo en noir et blanc montrant un homme assis lisant, un jeune garçon à ses côtés. Vers le milieu et la fin du commence la révolution industrielle. Les enfants de familles riches sont entourés et choyés par des gouvernantes et autres personnes affectées à leur éducation. Les enfants de milieux pauvres, au contraire, sont les victimes de l'industrialisation et de l'urbanisation très rapides en Europe : beaucoup sont exploités dès le plus jeune âge sur les lieux de travail tels que les usines et mines de charbon. Le mouvement romantique présente l'enfance comme une période idéalisée où les caractéristiques enfantines, telles que l'innocence et la naïveté, sont valorisées et regrettées. Cette valorisation de l'enfance est nouvelle.. Les romans de Charles Dickens mettant en scène de jeunes enfants remportent un succès immédiat. Les fantaisies et contes de fées sont publiées et remportent un grand succès (notamment des ouvrages tels que Les Aventures d'Alice au pays des merveilles, les Contes d'Andersen) : les mondes de l'enfant et de l'adulte se différencient définitivement..