Charles Gleyre, né le à Chevilly et mort le à Paris , est un peintre suisse, ayant enseigné essentiellement son art à Paris.
Biographie vignette|redresse=0.7| durant son voyage en Égypte (1836). Après être passé par l'atelier de Louis Hersent, il part, en 1825, pour l'Italie., et peint son premier tableau à Rome, les Brigands romains. En 1831, il accompagne, en 1834, l’industriel américain et amateur d'art fortuné , dans un long voyage en Sicile, Grèce, Égypte et au Soudan, puis au Proche-Orient. Il défraie le coût de son voyage au moyen de dessins de sites archéologiques.
En 1837, il rentre à Paris avec un problème de santé, sa vue s'étant altérée, vraisemblablement du fait d'un trachome, contracté en Égypte, qui le conduira, par la suite, à fermer son atelier.. La même année, plusieurs de ses tableaux orientalistes au Caire sont détruits lors d'un incendie.
En 1840, le duc de Luynes lui commande une peinture murale pour son château de Dampierre, qui sera remplacée quelque temps après par une peinture de Dominique IngresÉmile Zola, Salons, recueillis, annotés et présentés, (voir cahiers-naturalistes.com)..
En 1843, il expose, au Salon, Le Soir, plus tard appelé Les Illusions perduesParis, musée du Louvre., œuvre qui rencontre un vif succès au Salon, et fera son entrée au Louvre en 1879.. C'est un peintre au dessin irréprochable. La poésie aux teintes irréelles de son œuvre annonce le symbolisme qu’il tenait d’Ingres., et de son ancienne intimité avec Paul Chenavard et Edgar Quinet.. Le sentiment poétique des choses, quelque peu mêlé d’archaïsme, de son œuvre, lui a valu le surnom de « peintre poète ».
En 1843, il est nommé professeur à l'École des beaux-arts de Paris, en remplacement de Paul Delaroche dont il récupère aussi l’atelier, surnommé La République.. Il ouvre également une Académie, ou atelier, au nº 69 de la rue de Vaugirard., décrit par George du Maurier dans son roman Trilby. Sont formés dans cet atelier certains de ceux qui deviendront les peintres impressionnistes, Alfred Sisley, Claude Monet, Frédéric Bazille, Ludovic-Napoléon Lepic, James Abbott McNeill Whistler et Auguste Renoir, ce dernier suivant également les cours de Gleyre aux beaux-arts.. Il fut également l'un des professeurs de François Bocion..
La plupart du temps, Gleyre est d'une grande générosité avec ses élèves : il ne leur fait payer que le loyer et les modèles. N'aimant pas blesser ses élèves, il veille avant tout à préserver leur personnalité.
Son art prône le retour à l'antique. Il dit un jour à Monet : Le soir même, Monet réunit Bazille, Renoir et Sisley et leur suggère, selon sa déclaration, de quitter l'atelier de Gleyre, ce qu'ils feront 15 jours plus tard, au printemps 1863.. Pour d'autres auteurs, c'est Sisley qui, indigné par le dédain de Gleyre pour le paysage, a incité ses amis à quitter son atelier et à peindre dans la nature..
Mort subitement, de la rupture d’un anévrisme, à l’Exposition de peinture du Palais-Bourbon au profit des Alsaciens-Lorrains, il travaillait encore, le matin-même au tableau d’Ève et Adam debout, enlacés dans le paysage d’un paradis encadré de montagnes.. Son corps, ramené de l’exposition à son domicile de la rue du Bac, est enterré, dans un premier temps, au cimetière du Montparnasse, avant que le conseil d'État de Vaud ne le réclame son corps, pour l'inhumer dans le cimetière de son village natal suisse de Chevilly. Regrettant rapidement cette inhumation presque anonyme dans un petit cimetière de village, la famille de l'artiste décide, vingt ans plus tard, de lui faire construire un tombeau digne de sa réputation. Dans ce dessein, elle obtient en 1896 du gouvernement vaudois de faire transférer sa dépouille au cimetière de La Sallaz à Lausanne. À la désaffection de ce cimetière, en 1947, il est ré-inhumé dans sa tombe de Chevilly..
En 1947, un de ses anciens élèves en peinture, Guillaume Alfred Strohl, a fait un don à travers son testament, pour la création d'une fondation Charles Gleyre..
Œuvres dans les collections publiques
Aux États-Unis Boston, musée des beaux-arts : Femme turque (Mme Langdon), Smyrne, 1834, crayon, plume et aquarelle ; Intérieur du Temple d'Amon à Carnac, 1835, crayon, aquarelle.
En France Abbeville, musée Boucher-de-Perthes : Saint Jean à Patmos, 1839, Salon de 1840. Gray (Haute-Saône), musée Baron-Martin : Feuille d'études, mine de plomb, . Montargis, musée Girodet : La Séparation des apôtres, 1845, huile sur toile. Orléans, musée des Beaux-Arts : Albanais, vers 1835, crayon graphite sur papier, .. Paris, musée du Louvre : Femme assise, de dos, levant la tête vers la gauche, dessin ; Le Soir ou Les Illusions perdues, 1843, huile sur toile. Brigands romains, 1831, huile sur toile. Versailles, château de Versailles : Autoportrait, 1841, huile sur toile.
En Suisse Bâle, Kunstmuseum : Penthée poursuivi par les Ménades, 1864, huile sur toile ; La Charmeuse, huile sur toile. Lausanne, musée cantonal des beaux-arts : Femme turque (Dudo Narikos), Smyrne, 1840, huile sur toile, ; Étude pour la danse des bacchantes, 1848-1849, dessin, crayon noir ; Trois Fellahs, 1835, huile sur toile ; La Danse des bacchantes, 1849, huile sur toile ; Le Déluge, 1856, huile sur toile ; Les Romains passant sous le joug, 1858, huile sur toile ; Le Coucher de Sapho, 1867, huile sur toile ; Le Matin (le Paradis terrestre), 1869-1874, esquisse, huile sur toile ; Le Retour de l'Enfant prodigue, 1873, huile sur toile ; Minerve et les Grâces, 1866, huile sur toile. Neuchâtel, musée d'art et d'histoire : Hercule aux pieds d'Omphale, 1862, huile sur toile.
Salons 1840 : Saint Jean sur l'Ile de Patmos. 1843 : Les Illusions perdues ou Le Soir.
Expositions « Charles Gleyre et la Suisse romande », musée historique de Lausanne, du au . « Charles Gleyre, le génie de l'invention », musée cantonal des beaux-arts de Lausanne, du au . 278 œuvres exposées, dessins, peintures. « Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti », Paris, Musée d'Orsay, du au .
Élèves Charles Gleyre a formé environ . Un tableau représente les Quarante Trois Portraits de peintres de l’atelier de Charles Gleyre (Paris, Petit Palais) « Delaroche’s and Gleyre’s Teaching Ateliers and Their Group Portrait William Hauptman », dans Studies in the History of Art National Gallery of Art, , Washington... Leur période d'apprentissage dans son atelier sont parfois mentionnées.
Notes et références
Bibliographie Charles Clément, Gleyre, étude biographique et critique, Paris, Librairie Didier & , 1878. Michel Thévoz, L’Académisme et ses fantasmes. Le réalisme imaginaire de Charles Gleyre, Paris, Les Éditions de Minuit, , 1980. William Hauptmann, Charles Gleyre (1806-1874), Catalogue raisonné, Volume 1 : « Life and Works », Volume 2 : « Catalogue raisonné », Zurich/Lausanne, Institut suisse pour l'étude de l'art, Princeton University Press. Bâle, Wiese Publishing, 1996. Catherine Lepdor, Charles Gleyre : Le Génie de l'invention, Milan, Éditions 5 Continents, 2006. François Pouillon, Dictionnaire des Orientalistes de langue française, Paris, Karthala, 2008, , 1007 . . . . . . .
Liens externes
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