Enrico Letta () est un homme d'État italien membre du Parti démocrate (PD), né le à Pise (Toscane).
Neveu du journaliste Gianni Letta, il entre en politique dans le giron de la gauche démocrate chrétienne, intégrant successivement la Démocratie chrétienne puis le Parti populaire italien.
Il devient à ministre pour les Politiques communautaires en , et devient ainsi le plus jeune ministre de l'histoire italienne. Il est nommé ministre de l'Industrie l'année suivante, et conserve cette fonction jusqu'en . Il est alors élu député puis député européen en , avant de retourner sur les bancs de la Chambre des députés en . Romano Prodi en fait alors son secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres.
Candidat à la primaire du Parti démocrate en , il échoue face à Walter Veltroni puis repasse dans l'opposition après les élections parlementaires de 2008. En , le nouveau secrétaire du PD Pier Luigi Bersani en fait son adjoint.
Deux mois après les élections parlementaires de 2013, il est nommé président du Conseil des ministres et forme un gouvernement de grande coalition. Il démissionne un an plus tard, à la suite d’un vote de défiance de la direction du PD, Matteo Renzi lui succédant. Il quitte alors la vie politique et rejoint le monde académique, notamment Sciences Po Paris.
Il revient en politique en , en se faisant élire au secrétariat du Parti démocrate, peu après la formation du gouvernement de large entente du technocrate Mario Draghi. L'échec du centre gauche aux élections parlementaires de 2022 le conduit à quitter la direction du PD.
Famille et études Enrico Letta, naît le à Pise. Il passe son enfance à Strasbourg..
Il est l'un des deux fils de et le neveu de Gianni Letta, homme politique et proche de Silvio Berlusconi. Divorcé et remarié en secondes noces à la journaliste Gianna Fregonara, Enrico Letta est le père de trois enfants.
Après avoir obtenu sa en science politique à l'université de Pise, il poursuit des études de doctorat en droit communautaire à l'École supérieure Sainte-Anne de Pise.
Parcours politique Débuts Membre de la Démocratie chrétienne (DC), puis du Parti populaire italien (PPI), il est désigné président des Jeunes chrétiens-démocrates européens pour quatre ans, en 1991.
À la suite de la victoire de L'Olivier, une coalition de centre gauche dont le PPI fait partie, aux élections générales de 1996, il est nommé secrétaire général du du ministère du Trésor. Il démissionne en 1997, pour prendre les fonctions de vice-secrétaire du PPI.
Ministre Le , Enrico Letta est assermenté ministre sans portefeuille, délégué aux Politiques communautaires, dans le premier gouvernement de coalition du social-démocrate Massimo D'Alema. À , il est le plus jeune ministre du régime républicain..
À la formation du gouvernement D'Alema le , il devient ministre de plein exercice et prend la direction du ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat. Il est confirmé à ce poste le , quand le gouvernement de Giuliano Amato prend la suite de celui de D'Alema.
Élu député du Piémont aux élections générales d'avril 2001, qui voient la victoire de la Maison des libertés (CDL) de Silvio Berlusconi, il rejoint, en 2002 Démocratie et liberté - La Marguerite (DL), parti chrétien-social de centre gauche qui succède au PPI.
Bras droit de Romano Prodi À l'occasion des élections européennes de juin 2004, il est élu député européen de la circonscription Nord-est, sur la liste Unis dans l'Olivier. Au Parlement européen, il s'inscrit au groupe de l'Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe (ADLE).
Il est réélu deux ans plus tard à la Chambre des députés, devenant ainsi représentant de la Lombardie sous les couleurs de la coalition L'Union à l'occasion des élections générales italiennes d'avril 2006. Il démissionne donc de son mandat européen.
Le , il revient au gouvernement au poste stratégique de secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres. Il est ainsi placé sous l'autorité directe de Romano Prodi.
Cadre du Parti démocrate Candidat à la primaire de 2007 Il intègre le le comité national préfigurant la constitution du Parti démocrate (PD), qui rassemble travaillant à la fusion des Démocrates de gauche (DS) et de DL dans un parti unique cherchant à transcender le clivage entre la gauche et la droite..
Il déclare, le , sa candidature à la primaire devant désigner le secrétaire du parti. En lieu et place d'une conférence de presse, d'un entretien dans un quotidien ou même d'un meeting, il se lance par une vidéo postée sur YouTube, un cas de figure inédit en Italie. Il cherche ainsi à se présenter comme le candidat de cette élection.. Il reçoit les soutiens de l'ancien ministre Paolo De Castro, du député européen Gianni Pittella, du président de la Basilicate Vito De Filippo ou encore du président de la province autonome de Trente Lorenzo Dellai.
Lors du vote le , il réunit , soit 11 % des suffrages exprimés. Il fait ainsi élire sur à l'Assemblée nationale constituante du Parti démocrate. Le scrutin voit la victoire du maire de Rome Walter Veltroni avec plus de 75 % des voix.
Il défend notamment plus de libre marché, une sévère discipline budgétaire et un grand plan de privatisations. Il par ailleurs opposé à l’entrée du PD au sein du Parti socialiste européen.
Numéro deux de Bersani Après la défaite du PD aux élections générales anticipées d'avril 2008, au cours desquelles il est réélu député en Lombardie, il devient ministre du Travail dans le du PD, mis en place par Veltroni.
La défaite du centre gauche aux élections régionales de en Sardaigne pousse le secrétaire du parti à la démission et la convocation d'une primaire le suivant. Letta apporte son soutien à l'ancien ministre Pier Luigi Bersani, qui l'emporte dès le premier tour avec 53 % des voix. Le , Bersani propose à l'Assemblée nationale de nommer Letta vice-secrétaire.. Il succède ainsi à Dario Franceschini, qui avait laissé cette fonction vacante après la démission de Veltroni.
Président du Conseil Grande coalition
vignette|gauche|Giorgio Napolitano et Enrico Letta au Quirinal, en . Les élections générales des 24 et 25 février 2013 ayant été remportées à la Chambre des députés par le centre gauche, mais n'ayant fait apparaître aucune majorité claire au Sénat de la République, Pier Luigi Bersani, le chef de la coalition Italie. Bien commun, tente, sans succès, de constituer un gouvernement. Cet important blocage politique conduit, au mois d'avril, à la réélection du président de la République sortant, Giorgio Napolitano.
Pressenti, avec l'ancien président du Conseil de centre gauche Giuliano Amato, pour prendre la succession de Mario Monti, Enrico Letta est reçu le au palais du Quirinal par Napolitano, qui le charge de former un gouvernement d'union nationale, alliant le PD, Le Peuple de la liberté (PdL, droite) et le Choix civique pour l'Italie (SC, centre). Il accepte cette responsabilité conformément à la tradition italienne.,
Lors d'une allocution postérieure à sa désignation, il juge que . Il promet donc de former .....
Selon la presse italienne, le programme du prochain gouvernement, préparé par le président Napolitano lui-même, comprend une série de réformes institutionnelles, économiques et sociales, le chef de l'État appelant, quant à lui, l'ensemble des partis à soutenir la politique du prochain gouvernement..
Gouvernement de poids lourds, féminisé et renouvelé vignette|Le gouvernement Letta, lors de sa prestation de serment, le , au palais du Quirinal. Le , Enrico Letta présente son gouvernement, lors d'une conférence de presse, depuis le palais du Quirinal..
Dans ce cabinet d'union, sont nommées de nombreuses figures politiques, comme Angelino Alfano, vice-président du Conseil et ministre de l'Intérieur, l'ancienne commissaire européenne Emma Bonino, ministre des Affaires étrangères, la ministre sortante de l'Intérieur, Annamaria Cancellieri, ministre de la Justice, le directeur général de la Banque d'Italie, Fabrizio Saccomanni, ministre de l'Économie et des Finances, le directeur général de l'Institut national de statistique (ISTAT), Enrico Giovannini, ministre du Travail, et l'ancien vice-secrétaire du PD, Dario Franceschini, ministre pour les Relations avec le Parlement.
Le gouvernement voit également l'arrivée de jeunes responsables, comme Nunzia De Girolamo (PdL), , ministre de l'Agriculture ; Andrea Orlando (PD), , ministre de l'Environnement ; ou encore Beatrice Lorenzin (PdL), , ministre de la Santé. De nouveaux parlementaires font par ailleurs leur apparition, comme Maria Chiara Carrozza, ministre de l'Éducation et rectrice d'université, Josefa Idem, ministre pour l'Égalité des chances et ancienne championne olympique, Cécile Kyenge, ophtalmologue et première personne de couleur nommée au gouvernement, ministre pour l'Intégration.
Les membres du gouvernement Letta prêtent serment le , devant le président de la République, au palais du Quirinal..
Discours réformiste et pro-européen vignette|gauche|Enrico Letta, lors du Festival de l'Économie de Trente, en Italie, le . Le lendemain, Enrico Letta prononce son discours de politique générale devant la Chambre des députés, durant lequel il déclare que l'emploi sera .. D'autre part, le nouveau chef du gouvernement évoque l'Union européenne, qui, selon lui, , dans un contexte difficile pour les citoyens, et promet une tournée diplomatique dans les trois grandes capitales européennes que sont Berlin, Bruxelles et Paris ; le président du Conseil qui, par ailleurs, promet une réforme de la loi électorale de 2005, responsable, selon la classe politique comme la presse transalpine, de la situation de blocage politique vécue par le pays, menace, comme le président Napolitano lors de son discours d'investiture du , de remettre immédiatement la démission du gouvernement si des réformes institutionnelles ne devaient pas être assumées par les partis politiques..
À l'issue de ce discours, le gouvernement Letta obtint la confiance de la Chambre de contre 153.. Le lendemain, le cabinet d'union nationale se voit conforté par la confiance de 233 sénateurs contre 59..
Le , lors d'une conférence de presse, Enrico Letta a annoncé la suspension provisoire de la taxe sur la résidence principale. Cette mesure était une promesse phare de l'ex-chef du gouvernement et meneur du centre droit, Silvio Berlusconi, durant la campagne des élections générales du mois de février. Cet impôt, fort impopulaire, avait été rétabli par le gouvernement technique de Mario Monti en 2012, dans le dessein de voir les finances publiques se redresser...
Les 26 et , puis les 9 et , le gouvernement connaît son premier scrutin avec les élections municipales, remportées, dans une majorité de grandes villes, par le centre gauche, comme Rome, qui sera gouvernée par le sénateur démocrate Ignazio Marino. Si le parti du président du Conseil sort victorieux de ce scrutin, celui-ci est marqué par une forte abstention, conséquence, selon la presse politique italienne, du désenchantement des citoyens, déçus par l'austérité et la corruption...
Il promet en à la Commission européenne des privatisations à hauteur de 12 milliards d'euros pour l'année à venir.
Crise d'octobre 2013 vignette|Letta aux côtés Mark Rutte à un sommet européen en 2013. Démission des ministres du PdL