vignette|Entrée principale du circuit.
Le circuit des 24 Heures, en forme longue circuit des 24 Heures du Mans, parfois appelé de manière officieuse, situé au sud de la ville du Mans et sur la commune du Mans, de Mulsanne et d’Arnage dans la Sarthe en France, est un circuit de course automobile non permanent utilisé par la plus célèbre des courses d'endurance, les 24 Heures du Mans, organisée par l'Automobile Club de l'Ouest (ACO) depuis 1923. Il est aussi utilisé par les voitures de course anciennes lors du Mans Classic, qui a lieu une fois tous les deux ans ainsi que par la Michelin Le Mans Cup. L'origine du circuit est liée au Grand Prix automobile de France 1906L'idée d'un Grand Prix de vitesse - Ville-lemans.fr (voir archive). et aux courses effectuées dès 1884 sur la célèbre ligne droite des Hunaudières par l'Union Vélocipédique de la Sarthe lors desquelles s'affrontaient les frères Bollée..
Il partage avec le circuit Bugatti, les stands et une brève portion de piste depuis le virage du raccordement jusqu'au virage de la chapelle.
Histoire
En 1906, l'Automobile Club de l'Ouest lance une course automobile partant du Mans : c'est le Grand Prix de France 1906, qui sera le tout premier Grand Prix automobile de France. Il utilise alors la première version du circuit, qui sera ensuite utilisé pour le Grand Prix de l'ACO en 1911 et pour la Coupe de la Sarthe en 1912.
En 1920, le secrétaire général Georges Durand de l'Automobile Club de l'Ouest, étudie le projet d'une compétition qui contribuerait à l'évolution du progrès technique et favoriserait l'essor de l'automobile.
En 1922, le club annonce la création d'un nouveau type de compétition dans la Sarthe, une épreuve d'endurance. Pendant l'épreuve, des équipages de deux pilotes par voiture se relaieraient jour et nuit.
La première édition, avec trente-trois équipages, se déroule les 26 et sur un circuit au sud de la ville du MansHistoires des 24 heures du mans - 24h-en-piste.com..
Galerie
Présentation vignette|gauche|Un plan en grand format du circuit.
Avec une longueur de tracé de , il est l'un des circuits automobiles les plus longs du monde. Sa particularité est l'utilisation pour trois quarts de portions routières ouvertes à la circulation publique pendant le reste de l'année, le circuit n'étant utilisé qu'une dizaine de jours par an (essais, compétition et épreuves classiques spéciales).
Les passages les plus célèbres sont les virages du Tertre Rouge, Mulsanne, Indianapolis, Arnage et Porsche, avec la ligne droite des Hunaudières, appelée « Mulsanne straight » en anglais (ligne droite de Mulsanne), sans oublier la chicane Dunlop et sa passerelle.
Au cours des années, la configuration du circuit a évolué, surtout dans un but de sécurité, une préoccupation essentielle des organisateurs.
Avant la course, la préparation de la piste et plus particulièrement la fermeture des voies publiques nécessite de nombreux aménagements qui demandent près de deux heures de travaux avant de pouvoir rétablir la circulation à la fin de l'épreuve.
En 1966, un circuit permanent plus court a été construit, le circuit Bugatti (), qui partage les équipements des stands et sa ligne droite, la courbe et la chicane Dunlop comprenant la célèbre passerelle Dunlop.
En 1972, la portion traversant Maison Blanche est abandonnée au profit d'une succession de virages moins dangereux. En 1976, le circuit Maison Blanche, un circuit école et d'entraînement de , a été créé ; la piste emprunte une partie du circuit des 24 Heures, de la sortie des virages Porsche jusqu’à l’entrée des chicanes Ford. En 2015, Porsche y installe son Porsche Experience Center, centre d'essai avec accès direct sur la piste.
À l'arrivée du tramway en 2008, une entrée est aménagée à l'est du site accédant au circuit Bugatti.
Depuis 2010, le nouveau club-house du golf des 24 Heures construit par l'ACO permet d'observer le virage de Mulsanne, lequel termine la ligne droite des Hunaudières.
Avec l'aménagement du dernier circuit international de karting et de ses stands, une vue panoramique sur les virages du karting , Corvette, et sur les chicanes Ford et Maison Blanche, est proposée depuis le toit de ces stands.
Figure emblématique du circuit, le « village » a été reconstruit en 2005–2006. Outre les boutiques, il comprend le Welcome, une salle de réception avec terrasse bar panoramique. Jusqu'en 1991, le village comportait le musée automobile avant son déménagement à l'entrée principale.
Étant donné la longueur du circuit, une neutralisation de la course nécessite trois voitures de sécurité. Elles sont placées respectivement sur la ligne droite de départ, après la première chicane de la ligne droite des Hunaudières et au virage d'Arnage (voir archive)..
Le circuit des 24 Heures est homologué en FIA grade 2 (voir archive)..
Modifications importantes du circuit vignette|droite|La courbe Dunlop, modifiée en 2006.
En 1972, la section du virage Porsche est réalisée, pour dévier l'ancienne section ultra-rapide et dangereuse de Maison Blanche, qui passait entre les habitations du lieu-dit éponyme.
En 1990, la ligne droite des Hunaudières, d'une longueur de presque six kilomètres, est divisée en trois portions par la réalisation de deux chicanes, qui ont pour but de limiter la recherche de vitesse maximale par des réductions d'appuis aérodynamiques trop importantes, et de limiter par conséquent les différences de vitesse entre concurrents. L'envol de certains véhicules était dû à la géométrie de la piste avec un changement de plan, qui pouvait créer un décrochage aérodynamique suivant leurs configurations et réglages aérodynamiques. La bosse a été aplanie pour l'édition 2001.
En 2026, la passerelle Dunlop est repeinte au couleurs de Goodyear.
Records du circuit
Le record du tour en course dans la configuration actuelle du tracé est détenu par Mike Conway, en 3 min 17 s 297, avec la Toyota TS050 Hybrid en 2019. Le record du tour en essai est détenu par Kamui Kobayashi sur Toyota TS050 Hybrid en 3 min 14 s 791, performance accomplie en 2017 lors de la séance d'essai qualificative du jeudi.
+ Evolution du record du tour en course lors des 24 Heures depuis 2002 () Année Pilote Voiture Chrono 2019 Mike Conway Toyota 3 min 17 s 297 2015 André Lotterer Audi 3 min 17 s 475 2010 Loïc Duval Peugeot 3 min 19 s 074 2008 Stéphane Sarrazin Peugeot 3 min 19 s 394 2007 Allan McNish Audi 3 min 27 s 176 2006 Tom Kristensen Audi 3 min 31 s 211 2002 Tom Kristensen Audi 3 min 33 s 483
Le record de la distance parcourue est détenu par l'équipage Romain Dumas, Timo Bernhard et Mike Rockenfeller sur Audi R15+ TDi en 2010, avec , soit de moyenne.
En 1988, à bord de la WM P88 à moteur Peugeot , Roger Dorchy réalise la vitesse officielle record de en course sur la ligne droite des Hunaudières alors qu'une vitesse de est relevée.. Ce record risque de perdurer, en raison de la création des chicanes en 1990.
Le nouveau record de vitesse – dans cette nouvelle configuration du tracé – sera réalisé lors de cette même édition 1990, avec la Nissan R90CK, en atteignant durant la phase de qualifications..
En 2019, à bord de la SMP Racing BR1 à moteur AER , Stoffel Vandoorne atteint la vitesse de lors de la journée test du dimanche et en course le samedi ... Cette performance est un record dans la configuration actuelle du circuit ().
Évolutions du tracé
Depuis sa création en 1923, à la suite des différentes modifications du tracé, la longueur du circuit a souvent changé..
Circuit - - 1923–1928 vignette|gauche
Abandonnant le triangle Le Mans–Saint-Calais–La Ferté-Bernard qui, en 1906, avait été emprunté par les concurrents du tout premier Grand Prix de l'Automobile Club de France, l'ACO, au lendemain de la première guerre mondiale, dessine un nouveau tracé qui pénètre dans la banlieue sud de la ville jusqu'à la fameuse épingle de Pontlieue. C'est ce circuit qui sera proposé lors de la création des 24 Heures.
Circuit - - 1929–1931 vignette|gauche
Dans un souci de sécurité, l'ACO, dès 1928, décide de raccourcir la pointe nord du tracé tout en conservant le dessin initial (route de Tours et retour par Mulsanne et Arnage) ainsi, bien sûr que les installations permanentes. À charge pour lui d'exécuter et financer les travaux. L'ACO est autorisé à utiliser une petite route de raccordement reliant directement la route de Laigné-en-Belin à celle de Tours. Cette bretelle sera baptisée « rue du Circuit ».
Circuit - - 1932–1955 vignette|gauche
L'expansion de la banlieue mancelle incite l'ACO à « écorner » encore un peu plus la pointe nord. L'achat d'un terrain privé allant approximativement du « Welcome » au raccordement avec la route nationale Le Mans–Tours, permet la création d'une voie privée volontairement sinueuse (« S » du tertre), et longue de .
Circuit - - 1956–1967
À la suite de l'accident terrible de 1955 (83 tués, dont 82 spectateurs faisant face aux stands), une refonte complète de toute la zone des stands s'impose. Ces aménagements (largeur de la piste, zone de décélération, etc.) entraînent une modification du rayon de la courbe Dunlop et induisent également une très légère réduction () de la longueur. De plus, pour ne pas distraire les pilotes au passage devant les stands, la signalisation (panneautage) est installée en sortie du virage de Mulsanne où la vitesse des voitures est la plus lente.
Circuit - - 1968–1971 vignette|gauche
De nouvelles normes de sécurité pour les circuits français ont été fixées par un arrêté interministériel1968 Circuit du Mans - Thierry Chargé, Les24heures.fr, décembre 2009.. Conséquence directe, l'ACO, afin d'assurer une meilleure sécurité au niveau des stands, des gradins et des grandes tribunes, aménage l'implantation d'un premier virage ralentisseur, la chicane Ford, située en amont de la zone des stands. Au sortir de Maison Blanche, la piste est légèrement déviée sur la droite.
Circuit - - 1972–1978 vignette|gauche
Un plan de rénovation, appuyé par les communautés locales et visant à l'autonomie complète du circuit et de ses installations, aboutit dans un premier temps à un remodelage de la zone allant du virage d'Arnage aux tribunes. Le CD 139 est aménagé sur après quoi, abandonnant l'ancienne route de Maison Blanche, un nouveau tracé, long de , mène à un second virage ralentisseur situé en avant de la chicane Ford. C'est l'apparition des virages Porsche, Corvette, du pont et du Karting.. Le doublement de la ligne droite des Hunaudières et le raccourcissement de la pointe de Mulsanne sont envisagés.
Circuit - - 1979–1985 vignette|gauche
La mise en service de la nouvelle rocade sud-est du Mans assurant la liaison entre l'autoroute Paris–Rennes et la route Le Mans–Angers–Nantes, oblige l'ACO à modifier le dessin du virage dit du Tertre Rouge. Alors que l'ancien tracé se présentait pratiquement avec un coude à angle droit, le nouveau Tertre Rouge s'apparente plus à une courbe serrée d'un rayon de . On profite de l'occasion pour aménager à l'intérieur du virage une nouvelle zone publique. L'ancienne passerelle est remplacée par un passage souterrain. Dès le mois de novembre 1978, les Ponts et Chaussées procèdent à la pose d'un nouveau revêtement d'une capacité d'adhérence plus élevée que précédemment. On procède également au déboisement complet de toute la zone intérieure des deux courbes précédant le virage d'Indianapolis.
Circuit - - 1986 vignette|gauche
Le carrefour routier, formé par la RN 138 et le CD 140 (le fameux virage de Mulsanne), constituait un point noir depuis la construction de la ZAC de la Rochère. L'État décide donc d'aménager ce carrefour en giratoire en quatre branches. Cette solution neutralisant le virage de Mulsanne, une nouvelle bretelle, longue de et décalant le virage vers le golf, constitue, pour les besoins de la course, un nouveau tracé. En 1985, est créé un syndicat mixte du circuit des « 24 Heures du Mans », qui, désormais, prendra en charge l'entretien et les travaux d'aménagement du circuit.