Jacques Delmotte, dit Jacques Izoard, né le à Liège et mort le dans le quartier populaire de Sainte-Marguerite à Liège, est un poète et essayiste belge, plus spécifiquement liégeois.
Biographie
Titulaire d’un régendat littéraire, Jacques Delmotte enseigne le français dans l’enseignement secondaire technique et professionnel durant de longues années. Il entame parallèlement, sous le pseudonyme de Jacques Izoard – qu'il emprunte à un col alpin – une œuvre littéraire tournée vers la poésie dès 1962 avec la parution d'un premier opus : Ce manteau de pauvreté.
Son œuvre poétique – une soixante de recueils – sera régulièrement récompensé, notamment par le prix Mallarmé en 1979 pour son recueil Vêtu, dévêtu, libre, et le prix Triennal de poésie décerné par la Communauté française de Belgique en 2001.
Animateur et mentor
Il anime la Revue 25 (ou M25) créée par Robert Varlez en 1977, où il sera rejoint par Françoise Favretto en 1979. Au total, 152 numéros et 12 plaquettes (fin de publication en 1992).
Jacques Izoard est resté l'inspirateur de « l'école de Liège » dont l'enjeu était de « publier la poésie contemporaine » dans l'esprit de la revue Odradek (30 numéros de 1972 à 1980), d'après l'expression de Kafka « Odradek » dans la nouvelle Die Sorge des Hausvaters (1919) pour désigner un objet qui bouge tout le temps et qui ne se laisse pas attraper.
Il fut pendant plus de 30 ans organisateur à Liège de La Nuit de la Poésie. Il a découvert entre autres Eugène Savitzkaya, avec qui il partagea sa maison, rue Chevaufosse, et a encouragé de nombreux poètes, auteurs et artistes comme Nicolas Ancion, Karel Logist, Serge Delaive, William Cliff, Robert Varlez, Jean Marie Mathoul, Patrick Fraselle, Selçuk Mutlu ou Ben Arès.
En 2006, l’université de Liège lui consacre un colloque.
Le lendemain des funérailles de son ami Gaston Compère, le , il s’éteint à , victime d'une crise cardiaque à son domicile, dans son quartier de Sainte-Marguerite.
Un enracinement universaliste Son œuvre comporte une soixantaine de recueils de poésie, ainsi qu'un essai sur Andrée Chedid. Commencée de son vivant, la publication des trois volumes de ses Œuvres complètes a été menée par les éditions de la Différence de 2006 à 2011.
.. Résumant son système poétique, Lionel Ray en parle comme d'un « secret et tendre attachement à ce qui est à la limite du perceptible, mais qui peut avoir du corps »Cité par René de Ceccatty in Le Monde, 23/07/2008.
Dans Ce manteau de pauvreté - poèmes et autres récits (1962) il chante Liège :
Dans Petites merveilles, poings levés (1980), il évoque les pays au-delà de Liège :
Et il revient à Liège dans Corps, Maisons, Tumultes (1991) :
L'avis de Jean-Marie Klinkenberg Parlant de ce dernier poème, Jean-Marie Klinkenberg parle de
Œuvre Principales publications Ce manteau de pauvreté - poèmes et autres récits, Liège, Éditions de l'Essai, 1962. Les Sources de feu brûlent le feu contraire, Bruxelles, Société des Écrivains, 1964 Aveuglement Orphée, Paris, Guy Chambelland, 1967. Des lierres, des neiges, des chats, Bruxelles, Henry Fagne, 1968. Un chemin de sel pur (suivi de) Aveuglément Orphée, Paris, Guy Chambelland, 1969. Le Papier, l'Aveugle, Liège, Éditions de l'Essai, 1970. Voix, Vêtements, Saccages, Paris, Bernard Grasset, 1971. Des laitiers, des scélérats, Paris, Saint-Germain-des-Prés, 1971. Six poèmes, Liège, Tête de Houille, 1972. La Maison des cent dormeurs, Paris, Gaston Puel, 1973. La Patrie empaillée, Paris, Bernard Grasset, 1973. Bègue, Bogue, Borgne, Waremme, Éditions de la revue Donner à voir, 1974. Le Poing près du c.ur, dans Verticales 12, , Decazeville, 1974. Poèmes, Saint-Gengoux-le-National, Louis Dubost, 1974. La Maison dans le doigt, dans Cahiers de Roture, , Liège, 1974. Poulpes, Papiers, Paris, Commune Mesure, 1975. Rue obscure (avec Eugène Savitzkaya). Liège, Atelier de l'Agneau, 1975. Le Corps caressé, Paris, Commune Mesure, 1976. La Chambre d'Iris, Awan-Aywaille, Fonds de la Ville, 1976. Andrée Chédid (essai), Paris, Seghers, 1977. Vêtu, dévêtu, libre, Paris, Pierre Belfond, 1978. Plaisirs solitaires (avec Eugène Savitzkaya), Liège, Atelier de l'Agneau, 1979. Avec la rouille et les crocs du renard, dans Douze poètes sans impatience, Paris, Luneau-Ascot, 1979. Enclos de nuit, Senningerberg (Grand-Duché de Luxembourg), Origine, 1980. Langue, Nantes, Cahiers du Pré Nian, 1980 Petites merveilles, poings levés, Herstal, Atelier de l'Agneau, 1980. Frappé de cécité dans sa cité ardente. Liège, Atelier de la Soif étanche, 1980. Le Corps et l'Image. Liège, « Aux dépens de l'artiste », 1980. Axe de l'œil, Herstal, Atelier de l'Agneau, 1982. Pavois du bleu, Saint-Laurent-du-Pont (Isère), Le Verbe et l'Empreinte, 1983. Voyage sous la peau, Nantes, Pré Nian, 1983. M'avait il dit, dans La Lettre internationale, nE 16, printemps 1988. Sommeil d'encre, Ougrée, M25 productions, (1988). Corps, Maisons, Tumultes, Paris, Belfond, 1990. Ourthe sourde, S.L., MYRDDlN, 1991. Poèmes (avec Andrée Chédid), ville d'Épinal, 1991. Le Bleu et la Poussière, éditions La Différence, 1998 - Prix Alain Bosquet 1999 et Prix triennal de poésie 2001) Pièges d'air, Liège, Le Fram, 2000. Dormir sept ans, éditions La Différence, 2001 Vin rouge au poing, Amay, L'Arbre à paroles, 2001 Les Girafes du Sud, éditions La Différence, 2003 (avec Selçuk Mutlu)
La Peau qui se déchire, 2004. Illustré de trois sérigraphies de Camille De Taeye. Tout mot tu, tout est dit, suivi de Traquenards, corps perdus, Châtelineau, Le Taillis Pré, 2004 (avec Michel Valprémy)
Ouvrages collectifs
Publications posthumes
Éditions des Œuvres complètes Œuvres complètes, édition La Différence (établie, présentée et annotée par Gérald Purnelle) : . .
Distinctions et récompenses prix Mallarmé en (1979) pour son recueil Vêtu, dévêtu, libre prix Alain Bosquet (1999) pour le recueil Le Bleu et la poussière prix Triennal de poésie décerné par la Communauté française de Belgique (2001) prix de poésie Louis Montalte (2006).
Notes et références
Voir aussi Biographie La revue littéraire a consacré un numéro à Jacques Izoard en 1994. Il s'agissait d'un portrait à partir de textes et d'une iconographie fournie par ses amis peintres, écrivains et journalistes. C'est Denys-Louis Colaux qui se chargea de collecter les contributions de René de Ceccatty, Joseph Orban, Serge Czapla, Eugène Savitzkaya, William Cliff, Françoise Favretto, Andrée Chedid, Francis Edeline, Bernard Deson, etc.
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