Abdol Karim ou Abdolkarim Ayadi (1907-1980) était le médecin personnel de Mohammad Reza Pahlavi, le chah d'Iran, durant son règne qui dura du au . Il était réputé être un proche du chah, puis du reste de la famille impériale en général, ce qui lui aurait conféré un grand pouvoir sous le règne de Mohammad Reza Chah, et lui a valut d'être postérieurement considéré comme une sorte de « Raspoutine de la cour des Pahlavi ». Médecin militaire, il terminera sa carrière avec le grade de général .

Biographie

Ayadi est né à Téhéran en 1907 au sein d'une famille adepte de la foi bahá'íe. Il commença des études vétérinaires en France dans les années 1920 puis se réorienta vers la médecine humaine, avant de devenir médecin militaire, dans les années 1930. A cette époque il entre au service de la famille royale en tant que médecin personnel du prince Ali Reza, ce qui lui permet de rencontrer le prince héritier Mohammad Reza. En 1941, lorsque ce dernier accède au trône de Paon, il le nomme médecin personnel, un poste qu’il gardera pendant 37 ans.

Plutôt craint à la cour, le docteur Ayadi est peu apprécié en dehors du cercle proche du souverain, ayant eu d’excellents rapports avec l’impératrice Soraya, qui le considère comme son « ami » et dont il s’occupera du divorce. Le médecin personnel du souverain est l’objet de nombreux fantasmes concernant le pouvoir que lui donne sa proximité avec ce dernier. Il est ainsi accusé d’avoir dirigé plusieurs sociétés écrans qui lui permirent de s'enrichir considérablement, ou d’avoir eu à une époque plus de 80 postes rémunérés, selon un rapport de la SAVAK. Cependant la plupart de ces allégations reposent sur des déclarations postérieures à la révolution islamique, et provenant de sources proches du pouvoir iranien actuel, très prolixe sur la corruption de la cour des Pahlavi et le « complot bahaï » , foi à laquelle Ayadi appartenait.droite|vignette|Le chah d'Iran, escorté par Abdol Karim Ayadi (portant un chapeau noir, derrière le chah) et Ardeshir Zahedi (à l'extrême-droite) rencontre le Lord-lieutenant du Nottinghamshire, Sir Robert Laycock, à la centrale électrique de West Burton en 1965.Il dissimule à plusieurs reprises ses convictions religieuses et se présente comme « musulman » sur ses papiers officiels, bien que son origine familiale le rende suspect aux yeux du clergé chiite, qui voit les bahaïs comme une dangereuse secte ayant infiltré les arcanes du pouvoir. A plusieurs reprises il apparaît lors de cérémonies publiques en train de prier aux côtés du souverain, ce qui choque plusieurs dignitaires religieux, notamment en 1956 lors du hajj du chah à la Mecque.

Ayadi fut ainsi accusé de favoriser l’ascension sociale des bahaïs, mais aussi de les « protéger », comme lors de la persécution à leur encontre menée par l’ayatollah Falsafi au lendemain de coup d’Etat d’août 1953, qui avait permis le maintien par l’armée du chah sur le trône avec l’appui des forces étrangères, des bazaris mais aussi des religieux.

En 1974, il fait partie de l’équipe de médecins qui diagnostiquent au chah les premiers symptômes de la maladie de Waldenström, qui emportera l’empereur en 1980. Il cachera dans un premier temps la gravité de la situation à ce dernier et à son entourage.

En 1978, alors que la révolution iranienne gronde, il est mis à l’écart, puis officiellement remercié par les autorités impériales. Un dialogue rapporté du chah avec Houchang Nahavandi, alors intermédiaire entre le pouvoir et les autorités religieuses menées par le grand ayatollah Shariat-Madiari (à l’origine de ladite mise à l’écart) indique que, d’après le chah, Ayadi, bien que né dans une famille bahaïe et proche des cercles, était en fait athée.

Abdol Karim Ayadi quitte l’Iran peu avant le triomphe de la révolution islamique, et s’installe à Paris, près de chez son frère. Atteint d’un cancer, il meurt à Genève (d’autres sources indiquent Paris) le , à l’âge de 73 ans. Références

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