Une guerre commerciale opposant les États-Unis au Canada et au Mexique débute le , lorsque le président américain Donald Trump a signé des imposant des tarifs douaniers quasi universels sur les importations en provenance des deux pays, droits qui devaient entrer en vigueur le . Les prévoyaient des tarifs douaniers de 25 % sur toutes les importations provenant du Mexique et sur toutes les importations provenant du Canada, à l'exception du pétrole et de l'énergie canadiens, qui seraient taxés à hauteur de 10 %.

En réponse au projet d'imposer des tarifs douaniers, le premier ministre canadien Justin Trudeau a déclaré que le Canada réagirait immédiatement en imposant des tarifs douaniers de 25 % sur CAD (environ USD) d'importations américaines, montant qui serait augmenté à CAD (environ USD) dans un délai de trois semaines. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a déclaré que le Mexique prendrait des mesures de rétorsion douanières et non douanières à l'encontre des États-Unis. Le , le Canada et le Mexique ont négocié un report d'un mois des tarifs douaniers avec les États-Unis et se sont mis d'accord pour renforcer la sécurité aux frontières. Malgré ces efforts, les tarifs douaniers américains sont entrés en vigueur le , le Canada rétorquant par des tarifs douaniers le même jour, alors que ceux du Mexique devaient être annoncés le . Le , le président Trump a suspendu l'imposition de la mesure sur les produits qui respectent l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

Trump a déclaré que ces tarifs douaniers visaient à réduire le déficit commercial des États-Unis et à obliger le Canada et le Mexique à sécuriser la frontière canado-américaine et la frontière mexicano-américaine dans le but de lutter contre l'immigration illégale et le trafic de fentanyl. Trudeau et Sheinbaum ont tous deux qualifié d'injustifiés les tarifs douaniers américains. Trudeau a déclaré que Trump avait l'intention d'utiliser les tarifs douaniers pour forcer l'annexion du Canada par les États-Unis, ce que Trump a suggéré publiquement à plusieurs reprises depuis sa seconde élection.

Des responsables des gouvernements du Canada et du Mexique ont déclaré que les tarifs douaniers imposés par le gouvernement fédéral américain violeraient l'ACEUM ratifié par les trois pays en 2020 pendant la première présidence de Donald Trump. Des économistes ont déclaré que les tarifs douaniers perturberaient probablement le commerce entre les trois pays, bouleversant les chaînes d'approvisionnement en Amérique du Nord et augmentant les prix à la consommation au Canada, aux États-Unis et au Mexique.

Contexte économique En 1994, le Canada, les États-Unis et le Mexique ont signé l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) qui visait à éliminer tous les tarifs douaniers des trois pays. L'ALENA a été le sujet de quelques conflits politiques à l'intérieur de chaque pays signataire. Aux États-Unis, des sociétés ont délocalisé leurs productions au Mexique pour des raisons de coûts, ce qui a eu pour conséquence de réduire le nombre d'emplois en usines aux États-Unis. Les critiques régulières contre le libre-échange entre les trois pays ont amené des candidats politiques, notamment Donald Trump, à soutenir publiquement des politiques protectionnistes, ce qui leur a donné une plus grande influence politique. Toutefois, plusieurs régions américaines ont bénéficié économiquement de l'ALENA. En 2020, pendant la première présidence de Donald Trump, l'ALENA a été remplacé par l'Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), notamment à cause de l'opposition de Trump envers l'ALENA. Les différences entre l'ALENA et l'ACEUM sont le plus souvent d'ordre cosmétique : les tarifs douaniers ont été maintenus à zéro pour les trois pays, mais une clause permet d'imposer certains tarifs douaniers au nom de la sécurité nationale.

Relations commerciales entre le Canada et les États-Unis

Avant même que l'ALENA n'entre en vigueur, les économies du Canada et des États-Unis , surtout pour l'industrie automobile. Dans les premiers mois de 2024, le gouvernement du Canada a estimé que CAD (environ USD) de biens traversaient annuellement la frontière canado-américaine. En , le gouvernement fédéral américain a estimé que le déficit commercial avec le Canada était de USD. Ce déficit s'explique surtout par la consommation américaine des produits pétroliers canadiens ; si les produits pétroliers sont exclus du calcul, alors les États-Unis affichent un surplus commercial vis-à-vis du Canada. Le Canada fournit environ 60 % des produits pétroliers importés aux États-Unis ; il est en outre le plus important fournisseur d'acier des États-Unis.

Relations commerciales entre les États-Unis et le Mexique

Les économies des États-Unis et du Mexique sont fortement dépendantes l'une de l'autre. Selon le Bureau du recensement des États-Unis, les États-Unis ont, en 2023, exporté USD de biens vers le Mexique, alors qu'ils ont importé environ USD de produits mexicains. En 2024, environ USD de biens ont traversé la frontière américano-mexicaine ; plus de 1 milliard USD de transactions commerciales ont eu lieu quotidiennement cette année-là. Toujours en 2024, environ 70 % de la consommation mexicaine de gaz naturel provient des États-Unis et les États-Unis importent environ de pétrole brut du Mexique chaque jour. La production de fruits est aussi fortement intégrée entre les deux pays : en 2024, à peu près la moitié des fruits et légumes frais consommés aux États-Unis proviennent du Mexique et le Mexique est le plus grand consommateur des produits agricoles américains. Le Mexique est le troisième plus important importateur d'acier aux États-Unis, derrière le Canada et le Brésil.

Contexte politique

Première présidence de Donald Trump Pendant son premier mandat, Donald Trump a menacé d'imposer des tarifs douaniers aux produits mexicains si le Mexique n'agissait pas pour réduire le qui traversaient la frontière américano-mexicaine, étant à la source de la tout en menaçant régulièrement de se retirer de l'ALENA. Néanmoins, il n'a pas imposé de tarifs douaniers sur les produits mexicains après que les autorités mexicaines eurent ordonné le déploiement de de la Garde nationale du Mexique pour combattre l'immigration illégale, tout en permettant aux États-Unis d'étendre leur politique « demeurer au Mexique » (), forçant ainsi plusieurs réfugiés à demeurer au Mexique jusqu'à ce que leur demande soit traitée par des fonctionnaires américains. Toujours pendant sa présidence, Trump a menacé d'appliquer d'importants tarifs douaniers si le Canada et le Mexique refusaient d'entamer des négociations pour mettre en place un nouvel accord de libre-échange. En , il a appliqué des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium des deux pays, invitant ainsi les deux pays à répliquer. Les trois pays ont accepté de renoncer aux tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium en , soit un an après leurs mises en vigueur et environ un an avant la mise en vigueur de ACEUM le . Un mois après l'entrée en vigueur de l'ACEUM, Trump déclare que les importations d'aluminium constituent une menace envers la sécurité nationale des États-Unis, puisqu'elles mettent en danger des producteurs américains, et impose des tarifs douaniers de 10 % sur les importations d'aluminium canadien. Il a mis un terme aux tarifs douaniers le mois suivant devant les menaces de représailles canadiennes.

En 2018 et 2019, Donald Trump a aussi appliqué d'importants tarifs douaniers sur les produits d'origine chinoise, pour un total de USD sur des importations d'environ USD, mesures douanières qui ont, presque toutes été poursuivies pendant la présidence de Joe Biden. Le gouvernement fédéral américain est inquiet des échanges entre la Chine et le Mexique, particulièrement en ce qui concerne l'industrie automobile, parce qu'il craint que des sociétés chinoises n'utilisent le Mexique comme tremplin pour exporter leurs produits vers les États-Unis, ce qui leur permettraient de contourner les tarifs douaniers imposés sur les produits chinois, prenant ainsi avantage de l'ACEUM. D' à , les agences américains ont intercepté qui ont illégalement franchi la frontière canado-américaine et qui ont franchi illégalement la frontière mexicano-américaine.

Politique canadienne En , après avoir été déclaré futur président des États-Unis, Donald Trump menace d'imposer des tarifs douaniers de 25 % sur tous les produits canadiens et mexicains qui devraient, selon ses déclarations, « rester en vigueur jusqu'à ce que les drogues, en particulier le fentanyl, et tous les étrangers en situation irrégulière mettent fin à l'invasion de notre pays ». Peu après, le premier ministre du Canada Justin Trudeau se rend à Mar-a-Lago en Floride, où il a discuté avec Trump des tarifs douaniers, de l'immigration illégale et du trafic de drogue à travers la frontière canado-américaine.

Le , le gouvernement canadien annonce vouloir dépenser CAD (environ USD) pour réduire le trafic de fentanyl à la frontière canado-américaine dans le but de diminuer les inquiétudes de Trump. Le plan inclut la création d'une force conjointe canado-américaine visant à combattre le crime transnational. Le , Doug Ford, premier ministre de l'Ontario et aussi chef du Conseil de la fédération canadienne, appelle aux urnes les Ontariens en imposant une rapide campagne électorale : l'élection du se conclut par une victoire du parti de Doug Ford. Ce dernier souhaitait ainsi obtenir un mandat de quatre ans pour pouvoir mieux gérer l'opposition aux tarifs douaniers du gouvernement de Donald Trump. Au début , Justin Trudeau annonce son intention de quitter la chefferie du Parti libéral du Canada, ce qui implique qu'il renonce, de façon automatique, au rôle de premier ministre du Canada. Son successeur ou sa successeure prendra officiellement cette charge le . Le , Trudeau annonce sur les réseaux sociaux que le Canada est « prêt à donner une réponse énergique et immédiate » si les États-Unis appliquent les tarifs douaniers annoncés sur les biens canadiens.

Deuxième présidence de Donald Trump

Lors de son discours inaugural du , alors qu'il entame son deuxième terme comme président, Donald Trump annonce vouloir imposer d'importants tarifs douaniers aux produits importés. Il déclare que « [au] lieu de taxer nos citoyens pour enrichir d'autres pays », les États-Unis « imposeraient des tarifs douaniers et des taxes aux pays étrangers pour enrichir nos citoyens ». Il a déclaré que le Canada et le Mexique permettent l'exportation massive de personnes et de fentanyl aux États-Unis au travers leurs frontières respectives. Le Canada est la source d'environ 0,2 % du fentanyl introduit aux États-Unis, alors que le Mexique est la source de 98 % du fentanyl introduit aux États-Unis. Il a aussi jugé que le Canada et le Mexique profitent injustement des déficits commerciaux américains. Il a déclaré, de façon erronée, que le déficit commercial avec le Canada atteignait jusqu'à . À la fin 2024, il est d'environ avec le Canada. Après les déclarations de Trump sur l'imposition de tarifs douaniers sur les produits canadiens et mexicains, les sociétés américaines ne sont pas concertées pour importer plus de biens de ces deux pays avant l'entrée en vigueur des tarifs douaniers.

Donald Trump a aussi régulièrement évoqué l'idée de faire du Canada le État des États-Unis, affirmant vouloir recourir à la « force économique » (), au lieu de la force militaire, pour amener les Canadiens à demander l'annexion par les États-Unis.

Justin Trudeau a répondu que ces mentions de Donald Trump doivent être prises au sérieux et constituent une attaque contre la souveraineté du Canada. Selon Trudeau, Trump vise à prendre le contrôle des ressources minérales du Canada.