L'élection présidentielle algérienne de 2024 a lieu de manière anticipée le afin d'élire le président de l'Algérie au suffrage universel direct.

Le président sortant Abdelmadjid Tebboune est réélu pour un second mandat face à deux autres candidats peu connus, dans un contexte de répression de l'opposition et de rejet de la plupart des candidatures, de personnalités peu connues à l'exception de l'opposante Zoubida Assoul, par la Cour constitutionnelle faute de parrainages suffisants. Soupçonnés d'être gonflés, les chiffres de la participation et des suffrages obtenus par les candidats sont finalement remis en cause par ceux-ci, y compris le président sortant. Cette situation conduit la Cour constitutionnelle à annoncer de nouveaux résultats profondément différents des premiers, et qui sont à leur tour contestés par l'opposition mais pas par les trois candidats.

Contexte

Initialement prévue pour , l'élection a lieu de manière anticipée le .. La décision d'anticiper le scrutin permet la tenue de la campagne électorale durant la saison estivale..

Politique Le scrutin a lieu cinq ans après le Hirak, mouvement pacifique réclamant une réforme du système politique en vigueur depuis 1962 et une libéralisation des médias et une réforme de la justice. Avec le soutien de l'armée, celui-ci a obtenu la démission du président Abdelaziz Bouteflika. La même année, Abdelmadjid Tebboune est devenu président à l'issue lors d'une élection largement boycottée. Le mouvement prend fin du fait de la pandémie de Covid-19 puis à l'arrestation de figures du mouvement, dont le nombre est d'environ 250, qui sont condamnés, en attente de jugement ou emprisonnés. Pour le sociologue Nacer Djabi, les objectifs du mouvement n'ont pas été atteints. Selon lui, les élections, jouées d'avance notamment depuis l'instauration du multipartisme en 1990, et choisies par le régime pour mettre fin à la crise, ne .

En 2024, Amnesty International dénonce une . Appelant à réformer les lois sur les fausses informations et sur le terrorisme, jugées liberticides et aux , l'ONG appelle à .

Du fait de la condamnation de plusieurs personnalités du régime, dont Saïd Bouteflika et les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ainsi que d'autres ministres et hommes d'affaires à des peines d'emprisonnement pour corruption, l'avocat Abdellah Haboul estime .

Économique En 2024, l'Algérie profite d'indicateurs macroéconomiques positifs, profitant par ailleurs de la hausse du prix du pétrole.

Système électoral

Le président de la République est élu au suffrage universel direct uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, un second est organisé entre les deux candidats arrivés en tête quinze jours après la proclamation des résultats du premier par la Cour constitutionnelle. Le candidat recueillant le plus de suffrages au second tour est élu..

L'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) est chargée de la gestion des élections présidentielles.

Conditions d'éligibilité Le candidat à la présidentielle doit remplir les conditions suivantes : avoir la nationalité algérienne de naissance, né de père et de mère eux- mêmes de nationalité algérienne de naissance, et n'avoir jamais obtenu une autre nationalité ; attester de la nationalité algérienne d’origine du conjoint ; être de confession musulmane ; avoir quarante ans révolus au jour du scrutin ; jouir de la plénitude de ses droits civils et politiques ; justifier d’une résidence permanente exclusive en Algérie durant un minimum de dix années précédant le dépôt de la candidature ; justifier la participation à la révolution du pour les candidats nés avant ; justifier de la non implication des parents du candidat né après , dans des actes hostiles à la révolution du ; produire la déclaration publique du patrimoine mobilier et immobilier, tant à l’intérieur qu’à l'extérieur de l’Algérie.

Processus électoral Convocation du corps électoral par le président de la République Date limite de dépôt des candidatures. Validation de la liste des candidats par l'ANIE. Confirmation de la liste des candidats par la Cour constitutionnelle Ouverture de la campagne électorale. Fin de la campagne électorale. Premier tour.

Candidats

Candidatures déclarées Le , Zoubida Assoul, présidente de l'Union pour le changement et le progrès (UCP), un parti d'opposition, annonce sa candidature à l’élection présidentielle de 2024. Par ailleurs avocate de plusieurs figures du Hirak, elle estime que le et prône un changement par les urnes. Selon elle, .

Le , Abdelmadjid Tebboune annonce qu'il se rendra en France à l'automne pour une visite d'État, quelques semaines après la date prévue du scrutin. Soufiane Djilali, président du parti Jil Jadid, déclare dans un entretien à propos du président sortant . En , dans le cadre de la création d'une entre le Front de libération nationale (FLN), le Rassemblement national démocratique (RND), le Mouvement El-Bina et le Front El Moustakbal, le secrétaire général du RND, Mustapha Yahi, précise que l'alliance Quatre partis forment une alliance politique pour réaliser un consensus national, site aps.dz, 23 mai 2024.. Quelques jours plus tard, Abdelkader Bengrina (Mouvement El-Bina), annonce que son parti désigne comme candidat le président sortant, Abdelmadjid TebbounePrésidentielle en Algérie : Bengrina choisit Tebboune comme candidat, site tsa-algerie.com, 24 mai 2024.. En , l'Union des forces démocratiques et sociales, par la voix de son secrétaire général Abderrahmane Salah, annonce la participation de sa formation politiqueLe parti de l'UFDS participera à la prochaine élection présidentielle, site aps.dz, 18 mai 2024.. Courant juin, le parti se rallie à la candidature de Tebboune. Le , les représentants de dix partis politiques (Mouvement El-Bina, El Fadjr El Djadid, le Front de l'Algérie nouvelle, El Karama, le Mouvement de l'entente nationale (MEN), le Parti de la liberté et de la justice, El Wassit Siyassi, le Parti algérien vert pour le développement, le Parti du renouveau algérien et l'Union des forces démocratiques et sociales (UFDS)) déclarent qu'il est , tout en soulignant que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, Présidentielle: dix partis politiques prêts à se rallier à un candidat de consensus capable de garantir la stabilité institutionnelle, site aps.dz, 4 juin 2024.. Tebboune officialise sa candidature le ..

Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a annoncé le la participation de son parti à l'élection présidentielle. Le elle décide d'annuler sa participation aux élections, n'ayant pas réussir à recueillir un nombre de parrainages suffisants..

En , Belkacem Sahli, secrétaire général de l'Alliance nationale républicaine (ANR), annonce sa candidature au nom d'une groupe de sept partis créé le sous le nom de Groupe des partis pour la stabilité et les réformes. Selon les sources, ce groupe comprend l'ANR, le Parti du renouveau et du développement (PRD), le Front démocratique libre (FDL), le Mouvement national pour la nature et le développement (MNND), le PSN, le Parti républicain progressiste (PRP) et le MENPrésidentielles en Algérie : Belkacem Sahli candidat au nom de sept partis, site tsa-algerie.com, 20 avril 2024. ou bien, selon une autre source, il comprendrait l'ANR, le Parti pour le renouveau et le développement (PRD), le Front du militantisme national (FMN), le Parti algérien vert pour le développement (PAVD), l’Union pour le rassemblement national (URN) et le Mouvement national pour les travailleurs algériens (MNTA)Élection présidentielle : Belkacem Sahli se porte candidat, site inter-lignes.com, 20 avril 2024..

Le , le Mouvement de la société pour la paix (MSP) désigne Abdelaali Hassani, président du parti, comme candidatÉlection présidentielle: le MSP propose la candidature de son président Abdelaali Hassani Cherif, site aps.dz, 25 mai 2024.. En , le Mouvement Ennahda, par la voix de son secrétaire général Mohamed Dhouibi, annonce la participation de la formation politique, Le mouvement Ennahda réaffirme sa participation au prochain scrutin présidentiel, site aps.dz, 11 mai 2024.. Le parti se rallie à la candidature du président du MSP..

Le , Youcef Aouchiche, Premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS), est plébiscité comme candidat lors d'un congrès de son partiFFS : Youcef Aouchiche, candidat du parti à l’élection présidentielle, site inter-lignes.com, 7 juin 2024..

Le , Saida Neghza, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA), annonce, sa candidature à l'élection présidentielleSaida Neghza annonce sa candidature à la Présidentielle du 7 septembre, site aps.dz, 10 juin 2024..

Le , Chaabane Zerouk, ancien magistrat qui avait également tenté de se présenter à l'élection présidentielle annulée du , retire les formulaires de souscription des signatures pour se porter candidat à l'élection présidentielle de 2024.

Le , Farid Akkouche annonce sa candidature à l'élection présidentielle en tant que candidat indépendant.

Candidatures déposées Le , l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) annonce le début du processus de candidature, qui va durer 40 jours, au bout desquels les candidats retenus seront annoncés.

Au , 34 postulants avaient retiré, les formulaires de souscription des signatures.

Au dernier jour du délai, le , seize candidats avaient déposé leurs dossiers de candidature en attendant leur validation par l'ANIE :

Abdelmadjid Tebboune, président sortant Abdelaali Hassani Cherif, président du parti le Mouvement de la société pour la paix (MSP) Tarek Zaghdoud, président du Rassemblement Algérien (RA) Chaabi Salem, candidat indépendant Youcef Aouchiche, premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS) Belkacem Sahli, secrétaire général de l'Alliance nationale républicaine (ANR) Labadi Belabbas, candidat indépendant Zoubida Assoul, présidente de l'Union pour le changement et le progrès (UCP) Saïda Neghza, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (CGEA) Hichem Baba Ahmed, candidat indépendant Abdelhakim Hamadi, candidat indépendant Raouf Aib, candidat indépendant Ahmed Gouraya présidente du Front de la jeunesse démocratique pour la citoyenneté (FJDC) Slimane Bouamrioune, candidat indépendant Kamel Hebbal, candidat indépendant Amar Chekar, candidat indépendant

Procédures judiciaires

Le , le procureur général de la cour d'Alger, annonce l'ouverture d'une enquête préliminaire approfondie concernant la vente de parrainages par plus de 50 élus à des candidats à la présidentielle du . Le parquet annonce que tous les candidats impliqué seront arrêtés sur la base de la législation anti-corruption en vigueur. Trois candidats recalés : Belkacem Sahli, Saïda Neghza et Abdelhakim Hamadi sont placés sous contrôle judiciaire avec l'interdiction de quitter le territoire et de s’exprimer publiquement. Jugés en , le ministère public demande des peines de dix ans de prison et une amende d’un million de dinars. Les trois mis en cause dénoncent un procès politique. Ils sont condamnés à dix ans de prison ferme et d'amende pour corruption le . Laissés libres, ils ont dix jours pour faire appel. Le , ils sont condamnés à quatre de prison, à une amende d’un million de dinars et sont incarcérés.

Candidatures retenues L'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) publie le la liste des candidats retenus, validée par la Cour constitutionnelle algérienne le .. Parmi les 16 candidats ayant déposé leur dossier, trois d'entre eux ont vu ainsi leur candidature validée. Les autres, pour la plupart peu connus du grand public, ont vu leurs candidatures rejetées généralement pour un nombre de parrainages insuffisants..

Les recours auprès de la Cour constitutionnelle de cinq candidats écartés sont rejetés..