Auguste Élisabeth Joseph Bon-Amour de Talhouët-Roy, né le à Paris et mort le au château du Lude dans la Sarthe, est un homme politique français, député de la Sarthe de 1849 à 1876, sénateur de ce département de 1876 à 1882 et ministre des Travaux Publics du au dans le gouvernement Émile Ollivier.
Biographie Auguste de Talhouët-Roy est le fils d'Auguste-Frédéric de Talhouët, qui fut maréchal de camp et pair de France sous la Restauration, et d'Alexandrine Laure Sophie Roy (1799-1854), fille du comte Antoine Roy, plusieurs fois ministre des Finances sous la Restauration. Auguste de Talhouët-Roy fit des études au collège Sainte-Barbe, à Paris, puis débuta en 1842 dans la carrière administrative comme auditeur de seconde classe au Conseil d'État. Il s'initia à l'éloquence à la Conférence Molé, dont il fut vice-président en 1846.
Promu auditeur de première classe en 1846, puis maître des requêtes, il renonça à la fonction publique sous la Deuxième République pour se consacrer aux affaires et à ses propriétés. Il figurait alors parmi les 200 plus gros actionnaires de la Banque de France et était également l'un des plus grands propriétaires fonciers de France, en particulier dans la Sarthe, autour de son château du Lude. Vice-président du chemin de fer d'Orléans, il était administrateur de plusieurs autres sociétés.
En 1844, il se fit élire conseiller général de la Sarthe et nommer maire du Lude en 1848. Pendant la révolution de 1848, il se rendit à Paris avec 500 gardes nationaux de son canton et contribua au maintien de l'ordre. Il fut élu le représentant de la Sarthe à l'Assemblée nationale législative sur 10 par sur et . Bien que d'opinions conservatrices et monarchistes, il siégea dans les rangs de la majorité et vota pour la loi Falloux, pour l'expédition de Rome, pour la loi sur le suffrage universel et refusa de se rallier au prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, allant jusqu'à protester, à la mairie du arrondissement, contre le coup d'État du 2 décembre 1851, ce qui lui valut d'être brièvement incarcéré à Vincennes.
Il ne tarda pas à accepter d'être candidat du gouvernement aux élections législatives dans la de la Sarthe. Il fut élu au Corps législatif le sur et contre 861 voix à M. Silly, 820 à M. Monternault et 633 à M. Bertron et siégea dans les rangs de la majorité, approuvant la fondation du Second Empire tout en n'hésitant pas à voter contre plusieurs projets gouvernementaux. Il rejeta ainsi les poursuites contre Charles de Montalembert.
Il fut réélu comme candidat officiel le sur et contre 894 à Raspail père et le sur et et soutint de ses votes le gouvernement impérial non sans continuer, à l'occasion, à manifester son indépendance. En 1858, il fit des réserves sur la loi de sûreté générale et demanda que l'on précisât dans son article 2 l'expression « manœuvres et intelligences ». Il soutient l'amendement des « 91 » puis celui des « 84 ». Membre du « parti des réformes », il fut l'un des quarante-trois députés qui réclamèrent la fin des abus de la candidature officielle en , devint l'un des membres les plus en vue du Tiers Parti et fit partie des « 42 ». Il fut secrétaire du Corps législatif de 1861 à 1864 et participa à de nombreuses commissions d'intérêt général. Constamment membre de la commission du budget de 1864 à 1869, il en fut le secrétaire de 1864 à 1866. Il participe aussi en 1867 aux travaux de la commission du contingent et à ceux de la commission chargée d'examiner le projet sur l'armée et la garde nationale mobile.
C'est avec un programme de libéralisme nuancé qu'il fut réélu le sur et contre à Raspail, contre l'avis du gouvernement. Il contribua à provoquer l'interpellation des 116, dont il fut l'un des signataires, et refusa un portefeuille ministériel dans le gouvernement qui suivit. Il adhéra au programme du centre droit tout en restant très proche de nombreux membres du nouveau centre gauche. En , lorsque le Corps législatif désigna pour la première fois son bureau, il en devint vice-président.
Le , Auguste de Talhouët-Roy devint ministre des Travaux Publics dans le gouvernement Émile Ollivier mais « son inexpérience oratoire le tint éloigné de la tribune et il n'eut qu'un rôle politique secondaire »Robert, Bourloton et Cougny, , . Opposé à l'idée du plébiscite, il donna sa démission le Robert, Bourloton et Cougny (, ) donnent comme date le . quand celle-ci eut prévalu au sein du gouvernement et fut remplacé par Ignace Plichon. Il fut alors triomphalement réélu vice-président du Corps législatif. Au début de la Guerre franco-allemande (1870), il fut appelé à faire partie du Comité des fortifications. Rapporteur en de la commission chargée de prendre connaissance des négociations avec la Prusse, il affirma au vu des pièces que la France avait bien été injuriée par le roi de Prusse et que « les deux administrations de la guerre et de la marine se trouvaient en état de faire face, avec une promptitude remarquable, aux nécessités de la situation »cité par Robert, Bourloton et Cougny, , . Il entraîna ainsi plusieurs de ses collègues jusque-là hésitants à voter les crédits de guerre.
300px|vignette|La commission des Trente présidée par Batbie, en , réunie dans une des salles du Musée de Versailles, vice-président De Talhouët, d'après un dessin de G. Janet et un croquis de Pelcoq gravure Amédée Daudenarde.
Après la chute du Second Empire le , il rentra momentanément dans la vie privée. Le , il fut élu représentant de la Sarthe à l'Assemblée nationale sur 9 par sur et . Il prit place au centre-droit orléaniste, s'inscrivit à la réunion des Réservoirs, fut vice-président de la seconde commission des Trente, vota pour la paix, pour les prières publiques, pour l'abrogation des lois d'exil, contre le retour de l'Assemblée à Paris, pour le pouvoir constituant, pour la chute d'Adolphe Thiers au , pour le septennat, pour la loi des maires, pour l'état de siège, pour le ministère de Broglie, contre les amendements Wallon et Pascal Duprat, contre l'ensemble des lois constitutionnelles de 1875. Il monta rarement à la tribune, fut le rapporteur du projet de loi concernant le rétablissement de la commission d'examen des ouvrages dramatiques.
Le , il fut élu sénateur de la Sarthe308 voix sur 459 votants. Au Sénat, il prit place dans les rangs de la droite et se prononça pour la dissolution de la Chambre des députés en 1877, appuya le gouvernement du , combattit le cabinet Dufaure et les ministères républicains qui suivirent, vota contre l'article 7 de la loi sur l'enseignement supérieur et contre la réforme du personnel judiciaire. Il ne se représenta pas au renouvellement triennal du .
Il fut également membre de la Commission supérieure des expositions universelles () et Commandeur de la Légion d'honneur ().
Opérations immobilières L'un des plus importants propriétaires fonciers de France, il se livra à d'importantes spéculations immobilières à Paris au moment des grands travaux d'Haussmann.
Ainsi le , il se rendit adjudicataire pour une somme de des anciennes écuries du comte d'Artois, érigées sur une parcelle de rue du Faubourg-Saint-Honoré. Les terrains furent aussitôt partagés entre quatre bénéficiaires : la première parcelle, d'une façade de sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré et correspondant au de cette rue, était destinée à Achille Fould, ministre de la Maison de l'Empereur qui la réunit à la propriété voisine sur laquelle il avait fait construire par l'architecte Hector-Martin Lefuel un hôtel particulier qu'il céda en 1871 au duc d'Aumale et qui disparut en 1884 lors du percement de la rue Saint-Philippe-du-Roule ; la deuxième parcelle, d'une façade de , faisant suite à la précédente et correspondant au rue du Faubourg-Saint-Honoré, était destinée à la comtesse de Rigny, belle-mère de Talhouët-Roy ; celle-ci fit construire l'hôtel particulier qui s'y trouve encore et qui est aujourd'hui la résidence de l'ambassadeur du Canada en France ; il se réserva la troisième parcelle, d'une façade de et d'une superficie de , correspondant au sur laquelle il se fit construire un vaste hôtel particulier, qui existe encore de nos jours ; cet hôtel de Talhouët-Roy fut revendu en 1881 à Henri Schneider (1840-1898) fils d'Eugène Schneider ; la quatrième parcelle, à l'angle de la rue Neuve-de-Berry, fut attribuée au journaliste Émile de Girardin.
Disposant d'au moins de revenus en 1870, il était à la fin de sa vie à la tête d'une énorme fortune estimée à près de 25 millions de francs.
Famille Auguste de Talhouët-Roy est le neveu d'Honoré-Charles Baston de La Riboisière, ce dernier ayant épousé la sœur de sa mère, qui sera l'un des témoins de son mariage en 1847. Il épousa le à Ris-Orangis Léonie Marie Désirée Sidonie Honnorez ( - Mons † - au château du Lude), fille de Florent François Daniel Honnorez ( - paroisse de Saint-Nicolas-en-Havré de Mons † - Ghlin), riche homme d'affaires belge, et d'Adèle Narcisse Defontaine ( - Mons † - château de Ris-Orangis), épouse en secondes noces d'Henri Marie Daniel Gaultier de Rigny, vice-amiral. Ils eurent pour enfants :
Marie Élisabeth Adèle Alix de Talhouët-Roy (1849 - † 1934), qui épousa Henri Christian Anatole Leclerc de Juigné ; René François Honoré Marie de Talhouët-Roy ( - Le Lude † 1948), qui épousa le dans le arrondissement de Paris Élisabeth Marguerite Marie Radegonde des Monstiers-Mérinville ( - arrondissement de Paris † ), fille d'Adrien Hippolyte des Monstiers-Mérinville († avant 1884) et de Marie Caroline Radegonde Léonie de Maussabré († après 1884), dont postérité. Par cette alliance, René de Talhouët-Roy devint le beau-frère de Charles-Jean-Melchior de Vogüé, qui avait épousé en 1866 Béatrix Claire Marie des Monstiers-Mérinville. Georges Marie Joseph de Talhouët-Roy (1861 - † 1942).
Résidences À Paris 1860-1881 : Hôtel de Talhouët-Roy, rue du Faubourg-Saint-Honoré, Paris ()
En province Château du Lude, Le Lude (Sarthe) Château d'Ablois, Saint-Martin-d'Ablois (Marne)
Notes et références
Bibliographie Éric Anceau, Dictionnaire des députés du Second Empire, P.U.R., 1999. , tome V, .
Articles connexes Famille de Talhouët
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