Jean-Philippe Lecat, né le à Dijon et mort le à ClichyÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Biographie

Jeunesse et études Jean-Philippe Lecat naît dans une famille de notables dijonnais. Son père est magistrat à Dijon. Jean-Philippe Lecat suit ses études secondaires au collège Saint François de Sales puis au lycée de Dijon. Une fois le baccalauréat obtenu, il fait des études de droit à l'université de Paris, où il obtient une licence de droit.

Il entre ensuite à l'Institut d'études politiques., où il prépare avec succès le concours de l'ENA. Il est membre de la promotion Saint-Just, 1963, dont il est major.

Parcours professionnel Conseiller d'État, il entre au cabinet de Georges Pompidou en tant que chargé de mission entre 1966 et 1968. À cette date, il est élu député UDR de la Côte-d'Or), pour la circonscription de Beaune, puis conseiller général et régional« Lecat (ministère) », Emmanuel Wallon, dans Dictionnaire des politiques culturelles de la France depuis 1959, Emmanuel de Waresquiel (dir.). Paris : CNRS Éditions / Larousse, 2001..

Proche de Georges Pompidou, il est nommé secrétaire d'État auprès du Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, en remplacement de Léo Hamon, et porte-parole du gouvernement, le , fonctions qu'il assume également dans le premier gouvernement Messmer (1972-1973). Par la suite moins d'un an secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des finances (1973), il devient ministre de l'Information en remplacement de Philippe Malaud, à partir du Les Gouvernements et les assemblées parlementaires sous la république, site de l'Assemblée nationale.. À ce poste, il doit gérer la crise de l'ORTF après la démission d'Arthur Conte, et prépare l'éclatement de l'Office, adoptée en Conseil des ministres le . La mort de Georges Pompidou l'éloigne un temps du gouvernement : il réintègre alors le Conseil d'État, son corps d'origine. Mais celui qui est considéré comme « le plus giscardien des gaullistes » est appelé auprès du nouveau président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, comme chef de service de l'information de l'Élysée (1976-1978).

En 1978, il devient ministre de la Culture et de la Communication, ministère auquel il redonne une stabilité, restant en poste près de trois ans. La perte de l'architecture est compensée par l'ajout du domaine de l'information, de la radio-diffusion et de l'audiovisuel, ce qui deviendra la norme à partir de 1986. Il réorganise profondément l'administration en réduisant le nombre de directions et de délégations. En 1979, il crée le Service des affaires internationales et une délégation à la création, aux métiers artistiques et aux manufactures nationales, regroupant les services de l’inspection de la création artistique, l’inspection de l’enseignement artistique, la sous-direction de l’enseignement et des affaires générales et la section de la photographie, tandis que la Direction du théâtre et des maisons de la culture (DTMC) est remplacée par la Direction du théâtre et des spectacles. Il met également en place une mission de développement culturel (MDC), future Direction du développement culturel (DDC). Il peaufine la mise en place des DRAC en province.

Face au manque de moyens, Jean-Philippe Lecat encourage les initiatives locales. Ses actions se concentrent sur le patrimoine autour du programme d'action prioritaire « Défendre le patrimoine architectural » du Plan : création de la direction du patrimoine, du conseil et de la Mission du patrimoine ethnologique () et consécration de 1980 comme « année du patrimoine ». Cette mise en valeur du patrimoine passe également par sa réutilisation pour des usages modernes : « Il faut que nous créions un réflexe, pour qu’avant de construire des immeubles de verre et d’acier qui, de São Paulo à Pékin en passant par Kinshasa, se ressemblent tous et usent des millions de kilowatts d’électricité, les dirigeants des collectivités locales et les patrons des entreprises regardent d’abord le patrimoine national »France-Soir, 18 septembre 1979. Cité par Emmanuel Wallon dans « Lecat (ministère) », op. cit. Cette logique est appliquée dans les deux projets soutenus par l'Élysée qu'il encadre : le musée d'Orsay mis en place dans la gare parisienne (1978) et la cité des Sciences auprès des anciens abattoirs de La Villette (1979). En revanche, il désengage l'État des Maisons de la Culture. Et s'il met en place les antennes locales de Radio France, il conserve le monopole public par l'interdiction des radios libresBenoît Yvert (dir.), Dictionnaire des ministres (1789-1989), Perrin, 1990 - .

Il démissionne en de ses fonctions ministérielles pour devenir le porte-parole du candidat Valéry Giscard d'Estaing. Maître des requêtes à partir de 1975 au Conseil d'État, il le réintègre à la suite de la victoire de la gauche à l'élection présidentielle. Il publie Quand flamboyait la Toison d'or en 1982 (prix Monseigneur-Marcel 1983 de l’Académie française), Le Siècle de la Toison d'or en 1986, L'Ardeur et le tourment : images de la Révolution en Bourgogne, en 1989. Il présidait l'École nationale du patrimoine, le conseil d'administration de l'Académie de France à Rome et était également vice-président de la Fondation du Crédit agricole - Pays de France, présidée par Yves Barsalou.

Jean-Philippe Lecat meurt le , à l'âge de 75 ans, des suites d'une longue maladie« Mort de Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture de Giscard », Le Point, ..

Détail des mandats et fonctions Fonctions gouvernementales

– : secrétaire d'État auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement, dans les gouvernements Chaban-Delmas et Messmer I – : secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie et des Finances dans le gouvernement Messmer II – : ministre de l'Information dans les gouvernements Messmer II et Messmer III – : ministre de la Culture et de la Communication dans le gouvernement Barre III

Mandats parlementaires

– : député de la troisième circonscription de la Côte-d'Or (démission pour cause de fonctions ministérielles) – : député de la troisième circonscription de la Côte-d'Or (démission pour cause de fonctions ministérielles) – : député de la troisième circonscription de la Côte-d'Or (démission pour cause de fonctions ministérielles)

Fonctions juridictionnelles en matière d'asile

Il était président de section à la Cour nationale du droit d'asileArrêté du vice-président du Conseil d'État du 29 février 2008 portant nomination de présidents de section à la Cour nationale du droit d'asile.

Publications Quand flamboyait la Toison d'or; Paris (Fayard), 1982, 398 p. ; rééd. 1990). Beaune, Rennes, Ouest France, 1983, 32 p. ; rééd. 1996 et 2009). La Bourgogne [avec Thorsten Droste], Lausanne-Paris, La Bibliothèque des arts, 1985, 207 p. (coll. L’âme des peuples). Le siècle de la Toison d'or, Paris, Flammarion, 1986, 191 p. ( éd., 1989). Bourgogne ; photogr. R. Burri, F. Corbineau, J.C. Couval [et al.]. - Paris, édition Double page, 1988, 48 p. L'Ardeur et le tourment : images de la Révolution en Bourgogne, Dijon, éd. du Bien public, 1989, 88 p. Toute la Bourgogne, Paris, éd. Bonechi, 1991, 126 p. ( éd. 2000).

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Entretiens avec Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture et de la Communication (1978-1981), recueillis et présentés par Françoise Mosser, Paris, Comité d'histoire de la Culture et de la Communication, La Documentation française, 2016, 487 p.

Hommage à Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture et de la Communication (-), compte-rendu de la table ronde organisée par le Comité d'histoire de la Culture et de la Communication le ", Paris, 2013, 90 p. Lire en ligne

Françoise Mosser, "Les experts d'un ministre de la Culture : Jean-Philippe Lecat (1978-1981)", Experts et décision, Jean-Michel Leniaud et François Monnier dir., Journées annuelles d'étude de l'équipe Histoire des cultures et des pratiques administratives (EA 112), , Ecole pratique des hautes études, 2013, p. 97-112.

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