Le Gorizia était un croiseur lourd de classe Zara mis en service dans la Regia Marina dans les années 1930. Nommé en l'honneur de la ville italienne de Gorizia, il est mis sur cale au chantier Odero-Terni-Orlandi de Livourne (Toscane) le , il est lancé le et admis au service actif le .

Dans les années 1930, le navire participe à de nombreuses revues navales. En 1934, il part en croisière en Afrique orientale, puis deux ans plus tard en Allemagne au cours des Jeux Olympiques d'été de 1936. Il participe à la guerre civile espagnole; évacue les ressortissants italiens en , et subit une violente explosion dans un réservoir de gaz lors de son retour vers l'Italie. Le navire soutient l'invasion italienne de l'Albanie en 1939.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Gorizia participe à de nombreuses missions d'attaques de convois britanniques en Méditerranée. En , il participe à la bataille de Punta Stilo, à la bataille du cap Teulada en novembre et à la Première et Deuxième bataille de Syrte en 1941 et 1942. Gravement endommagé à l'ancrage lors d'un raid aérien en , le navire alors en réparation lors de la capitulation italienne est saisie par l'Allemagne, qui finissent par le saborder en 1944. L'épave est démantelée en 1947.

Conception  gauche|vignette|Plan du Pola; similaire au Gorizia. Le Gorizia avait une longueur hors-tout de (), un faisceau de et un tirant d'eau de . Il déplaçait en charge nominale et à pleine charge, bien que le traité naval de Washington stipulait un navire de maximum . Il était propulsé par des turbines à vapeur Parsons alimentées par huit chaudière à tubes d'eau Yarrow. Sa puissance était de  () produisant une vitesse de pointe de 32 nœuds (). Son équipage comprenait 841 officiers et hommes d'équipage.

Il était protégé par une ceinture blindée de , un pont blindé d'épaisseur dans la partie centrale, réduit à à chaque extrémité. Les tourelles avaient un blindage de  et les barbettes de . 

Son armement comprenait 8 canons de 203 mm Ansaldo en quatre tourelles doubles modèle 1927. Ce canon de 53 calibres version améliorée du modèle 1924 des Trento pouvait tirer des obus explosifs à une distance maximale de (+ 45 °) et des obus perforants de à (+ 45 °) à raison de 2 à 4 coups par minute. La tourelle double M1927 pesait en ordre de combat et pouvait pointer en site de - 5 ° à + 45 ° à raison de 5 ° par seconde et en azimut sur 150 ° à raison de 6 ° par seconde. La dotation en munitions est inconnueLe Gorizia..

Il était équipé de 16 canons Škoda 10 cm K10 modèle 1927 en 8 affûts doubles. Ce canon de 47 calibres tirait des obus explosifs de à une distance maximale de (+ 45 °) en tir anti-surface et de en tir antiaérien (+ 85 °), à raison de 8 à 10 coups par minute. L'affût double italien pouvait pointer en site de - 5 ° à + 85 ° et sur 360 ° en azimut. La dotation en munitions est inconnue.

Il avait également 4 canons de Vickers Terni modèle 1915 en quatre affûts simples. Ce canon de 39 calibres tirait des obus de à une distance maximale de en tir de surface (+ 45 °) et de en tir antiaérien et ce à raison de 50 à 75 coups par minute. L'affût simple pointait en site de - 5 ° à + 80 ° et en azimut sur 360 °. La dotation en munitions est inconnue mais chaque affût sur les Navigatori embarquaient .  

L'armement de la classe Zara évolua avant même le début du conflit. En 1937, un affût double de fut débarqué tout comme les canons de qui furent remplacés par 8 canons de Breda modèle 1932. Ces 8 canons étaient montés en quatre affûts doubles. Ce canon de 54 calibres tirait des obus explosifs de à une distance maximale efficace de (+ 45 °) en tir de surface et de en tir antiaérien (+ 80 °) à raison de 60, 90 ou 120 coups par minute.

L'affût double modèle 1932 pesait en ordre de combat, pouvait pointer en site de - 10 ° à + 80 ° et en azimut sur 120 °. La dotation en munitions était d'environ par canon.Le nombre de canons de ce type fut porté en 1940 à 16, puis renforcé par 8 mitrailleuses de en quatre affûts doubles. Ces mitrailleuses disposaient d'un canon de 75.7 calibre, tirant des cartouches de 125 ° à une distance maximale effective de , à raison de 500 coups par minute. L'affût double pouvait pointer en site de - 11 ° à + 85 ° et en azimut sur 360 °. Chaque mitrailleuse disposait de .

Une catapulte était encastrée dans la plage avant, transportant deux hydravions. Parmi les modèles embarqués, on trouve le , le , le CANT 25ARS, le CMASA M.F.6 et enfin le IMAM Ro.43 à partir de 1938.

Historique Ce nouveau croiseur lourd fut un temps avec ses sister-ships les plus puissants navires de la Regia Marina, puisque les cuirassés de classe Conte di Cavour étaient en pleine refonte au début des années trente.

Mis en service dans la Division, le navire participe à des exercices navals au large de Naples le en l'honneur du roi Victor Emmanuel III. Le 25, il devient navire amiral de la division. Du 6 au , il prend part à une revue navale pour Benito Mussolini se déroulant dans le golfe de Naples. Le , le navire est transféré dans la Division, où il est baptisé en l'honneur de la ville de Gorizia, ville du nord de l'Italie à la frontière de la Slovénie, le . En octobre, il part en croisière en compagnie du yacht royal Savoia en Afrique orientale, faisant escale à Berbera et à Mogadiscio, en Somalie britannique et italienne.

Avec le Fiume et le Pola, le Gorizia participe à la guerre d'Espagne en assurant l'escorte des navires de transports du corps expéditionnaire italien dans la péninsule ibérique tout en effectuant des missions de transport en 1936. En août, il part pour l'Allemagne en arrivant à Kiel le pour une revue navale avec le croiseur lourd allemand Admiral Graf Spee, le croiseur léger Königsberg et le croiseur britannique . Le Gorizia sert de porte-drapeau lors des Jeux Olympiques d'été de 1936, stationnant à Kiel où les épreuves de voiles se déroulèrent.

Le , le Gorizia quitte Kiel pour Tanger, qu'il atteint cinq jours plus tard. Après un court passage, le navire quitte le port pour l'Italie. Au cours de son transit, une explosion d'un réservoir de gaz de l'aviation causant de graves dommages l'oblige à rejoindre Tanger le pour des réparations temporaires. Alors en cale sèche, le navire fait l'objet d'un contrôle britannique concluant que son déplacement, dépassant , constitue une violation du traité naval de Washington. Toutefois, aucune plainte ne sera déposée. Il rejoint La Spezia en septembre où il subit des réparations permanentes. Le après ses réparations, il prend part à une revue navale pour le Régent de Hongrie, Miklós Horthy. Une seconde se tient dans le golfe de Naples le , suivi par la suite d'une autre le  pour la visite d'Adolf Hitler, dernière avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Le , le Gorizia et ses sister-ships quittent Tarente pour intercepter un escadron de navires de guerre espagnols — trois croiseurs et huit destroyers — tentant d'atteindre la mer Noire. Les navires italiens reçoivent l'ordre de ne pas ouvrir le feu mais de simplement tenter d'empêcher la progression des navires espagnols et de les forcer à accoster à Augusta, en Sicile. Le commandant espagnol refuse et les navires font route à Bizerte, en Tunisie française, où ils sont internés. Un mois plus tard, du 7 au , le Gorizia soutient l'invasion italienne de l'Albanie. Il est présent lors de la visite de Ramón Serrano Súñer, Ministre des Affaires étrangères de l'Espagne franquiste, qui avait récemment combattu les nationalistes durant la guerre civile espagnole. Cinq jours plus tard, le navire participe aux festivités du Jour de la marine à Venise, où il passe le reste de l'année 1939 jusqu'au début de 1940 ancré au port.

Seconde Guerre mondiale 1940 Lorsque l'Italie rejoint officiellement le camp de l'Axe pendant la Seconde Guerre mondiale en déclarant la guerre à la France et la Grande-Bretagne le , le Gorizia est affecté dans la Division du Escadron en compagnie du Zara, du Fiume et de quatre destroyers de classe Oriani, de la Flottille de destroyer. Basée à Tarente, la division est envoyée en patrouille au large de l'île de Crète. Le 11 / , les navires sont attaqués par un sous-marin inconnu, les destroyers contre-attaquèrent, sans succès. Le , le Gorizia et le reste de la division sont transférés à Augusta, prêts à intercepter des convois alliés en Méditerranée. Le lendemain, la Division rejoint une patrouille avec les et Division, mais ils ne trouvent aucun bâtiment allié.

Le Gorizia connait son baptême du feu le au cours de la bataille de Calabre. Cette bataille commença vers midi le alors que les deux camps étaient séparés d'environ . Le vice-amiral Andrew Cunningham, gêné par la faible vitesse de ses vieux cuirassés, ne pouvaient pas se rapprocher aussi vite qu'il ne le voulaient. Cependant à , le porte-avions lança ses Swordfish qui attaquèrent les croiseurs lourds italiens mais sans résultat. Les croiseurs alliés précédaient le et repérèrent les italiens à avant d'ouvrir le feu à . La riposte italienne est quasi immédiate. À , les italiens encadrèrent dangereusement les croiseurs alliés du vice-amiral John Tovey, ce dernier décida de rompre l'engagement à avec le croiseur léger Neptune, endommagé par un obus de du Giuseppe Garibaldi. Un autre engagement entre croiseurs ne donna aucun résultat, les obus de alliés tombant devant la proue des croiseurs Alberico da Barbiano et Alberto di Giussano. Dans les deux camps, on tenta des attaques à la torpille, sans succès, et la bataille s'acheva à . Chaque camp se retira en se proclamant victorieux alors que cet engagement se soldait par un match nul.

Le , la Division escorte un convoi vers la Libye italienne, retournant à Augusta le . Après une formation à Naples du 16 au , il part pour Tarente en arrivant le lendemain. Début septembre, la Division intervient au cours de l'opération Hats, un convoi de ravitaillement à destination de l'Égypte, en raison de la présence de l' qui lance deux raids sur Cagliari en diversion à la traversée du convoi. Du 7 au , le Gorizia patrouille au large de la Sicile, ne localisant aucun navire britannique. Par la suite, il accoste à Palerme avant de revenir à Tarente le pour suivre une formation d'artillerie qui durera jusqu'à novembre. Il est présent lors de la bataille de Tarente dans la nuit du 11 au sans être endommagé. Au cours de l'attaque, il abat avec ses batteries antiaériennes un avion britannique. Le navire est transféré à Naples le même jour. Le Gorizia participe à la bataille du cap Teulada le où il engage un croiseur britannique et abat un avion britannique. Face à un bombardement britannique au large de Naples, le navire est transféré à La Maddalena, en Sardaigne, le . Le Pola est le seul endommagé par une bombe qui le toucha la chaudière et l'immobilisa pour de longs mois de réparation.

1941 gauche|300px|vignette|Le Gorizia quittant le port. Le Gorizia revient à Tarente à la fin . Il effectue des manœuvres en compagnie du Zara le ; puis se rend à La Spezia pour un entretien périodique qui se déroula du au . Le Gorizia ne participa pas à la bataille du cap Matapan, échappant ainsi au sort funeste de ses trois sister-ship.