Le métabolisme social ou métabolisme socio-économique est l'ensemble de flux de matériaux et d'énergie qui se produisent entre la nature et la société, et entre diverses sociétés entre elles, réalisée sous une forme culturelle spécifiqueÉconomie écologique, métabolisme social et écologie politique. Écologie & Politique. 2011. El metabolismo social: una nueva teoría socioecológica. Relaciones. 2013..
Les processus métaboliques sociaux commencent avec l'appropriation par les êtres humains de matériaux et d'énergie prélevés dans la Nature. Ceux-ci peuvent être transformés et circuler pour être consommés, éventuellement réutilisés et enfin excrétés de nouveau vers la nature.
Chacun de ces processus a un impact écologique différent selon la manière dans laquelle il se réalise, selon la quantité de matériaux et d'énergie impliqués dans le procédé, la zone où il se produit, le temps disponible ou la capacité de régénération de la nature.
Bien qu'une grande partie des études sur le métabolisme social se réduise à l'entrée et à la sortie de matériels et d'énergie d'un État (importations et exportations), de par la facilité d'accès à l'information sur les transactions commerciales, le métabolisme social s'occupe également d'étudier en détail d'autres processus métaboliques, comme ceux effectués par des sociétés plus petites, les services écosystémiques que la nature offre aux êtres humains, ainsi que la forme culturelle concrète que les personnes adoptent lors du développement de chaque processus.
Le métabolisme est une question interdisciplinaire qui relève à la fois des sciences de la nature - qui éclairent les processus écologiques - et des sciences humaines et sociales - qui interrogent les choix politiques, économiques et culturels qui les produisent.
Métabolisme urbain L’idée de métabolisme urbain trouve ses origines dans les travaux des chimistes du XIXe siècle, comme Justus von Liebig et Jean-Baptiste Dumas, qui ont étudié les cycles des nutriments et les impacts des déchets urbains sur l’agriculture, inspirant Karl Marx avec sa notion de Stoffwechsel pour décrire les échanges entre sociétés et nature et leurs ruptures écologiques. Au XXe siècle, Patrick Geddes a proposé une économie basée sur les flux d’énergie et de matières, prônant dans Cities in Evolution une transition vers des villes durables, alimentées par des énergies renouvelables et organisées autour de coopérations territoriales, influençant ainsi le biorégionalisme et l’écologie urbaine.
Le métabolisme urbain se démarque en tant que champ de recherche à part entière à la suite des travaux de Wolman, en 1965, qui étudie à travers l’étude des flux de matériaux et d’énergie intrants et sortants d’une ville simulée ce qui lui semble alors les trois problématiques les plus sérieuses de l’expansion des villes (l’approvisionnement en eau, la pollution de l’eau et celle de l’air).
Depuis, plusieurs courants d’étude, comme l’écologie sociale, l’écologie industrielle, l’écologie politique urbaine, se sont penchés, depuis des perspectives différentes, sur la compréhension des flux métaboliques urbains :
soit à partir des processus qui en sont à l’origine; soit depuis les interactions et relations entre les éléments du système; soit sur l’évaluation de la charge environnementale; ou par l’étude d’amélioration des méthodes d’évaluation du profil métabolique. Aujourd’hui, le métabolisme urbain est repensé comme un système socio-écologique complexe, intégrant flux de matières et d’énergie dans des dynamiques politiques et territoriales, tandis que Sabine Barles le définit comme un entrelacement entre processus naturels et techniques humaines.
Notes et références
Articles connexes
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