Hermias (en grec ancien / ) est un ministre ou vizir, littéralement « préposé aux affaires » (epi tôn pragmatôn), de puis d'. Ambitionnant de régenter le royaume, il est exécuté sur ordre du roi en 220 av. J.-C.

Biographie Ministre des rois séleucides La tradition issue de PolybePolybe, V, 57., qui suit ici une source inconnue, présente Hermias sous un jour très sombre : il serait haï par le peuple comme par les élites dirigeantes.. Grec originaire de Carie, Hermias s'est élevé pour devenir le favori de , voire avant lui de ., qui le désigne « préposé aux affaires » (epi tôn pragmatôn), la plus haute fonction de la hiérarchie aulique. Il est chargé des affaires de la cour quand le roi part en Anatolie mener la guerre contre de Pergame. À la mort de Séleucos III en 223, il conserve son poste auprès d'.. Il profite de la jeunesse du roi pour le subjuguer et le pousser contre certains hauts dignitaires de la cour, membres du Conseil (Synedrion). Il cherche en effet à centraliser à son profit l'administration du royaume aux dépens des gouverneurs et des satrapes. Les rébellions qui vont dès lors apparaitre semblent donc davantage diriger contre le vizir que contre le roi.

Hermias face aux séditions

En 222 av. J.-C., très peu de temps après l'avènement d’Antiochos , Molon, gouverneur général des Hautes satrapies (dont la Perside et la Médie), ainsi que son frère Alexandre, se rebellent. Les raisons invoquées par Polybe seraient leur crainte face à l’influence prise par Hermias ainsi que la volonté de se rapprocher d'Achaios , gouverneur des provinces d'Anatolie que l'armée a tenté de mettre sur le trône après la mort de Séleucos . Or Hermias conseille au roi d'attaquer sans délai la Cœlé-Syrie et de confier la répression contre Molon à deux stratèges., montrant que sa politique vise avant tout à éloigner le roi des affaires d'Orient et à favoriser les affaires de Syrie, c'est-à-dire son propre domaine, par rapport à celles d'Anatolie et des Hautes satrapies. Mais les deux stratèges sont rapidement vaincus ; Antiochos suspend donc les opérations contre . Hermias obtient une nouvelle fois gain de cause en incitant le roi à envoyer un autre stratège contre Molon. L'expédition de Cœlé-Syrie, mal préparée, se solde en tout cas par un échec face aux puissantes défenses lagides au printemps 221.. Entre-temps, Molon remporte la bataille contre le stratège royal et occupe Séleucie du Tigre. Il aurait pris prendre le titre royal car il estime qu'Antiochos III n'est qu'une marionnette entre les mains d'Hermias.

La chute d'Hermias En 221 av. J.-C., la situation s'avère difficile pour . Le stratège Épigénès, adversaire d'Hermias, obtient que le roi marche contre Molon plutôt que de s'obstiner contre les Lagides en Cœlé-Syrie. Hermias parvient par une manœuvre à obtenir la destitution du stratège, pour ensuite le faire assassiner après le départ de l'armée royale, prétextant une collusion avec Molon.. Les opérations menées en Mésopotamie sous la direction d'Antiochos III et de Zeuxis sont un succès : Molon, vaincu, se suicide. Après avoir ordonné la crucifixion de la dépouille de MolonPolybe, , 40, 54., Hermias se montre implacable envers les soutiens de Molon : les membres de l'assemblée des Anciens (les péliganes) de Séleucie du Tigre sont exilés. Contre l'avis de son vizir, Antiochos III fait preuve de clémence envers les rebelles et ramène l'amende prévue de à Polybe, V, 2, 54.

Au printemps 220, le roi décide de mener une expédition contre Artabazane prince d'Atropatène, rallié à Molon. Une fois encore Hermias s'oppose à cette expédition, préférant que le roi marche contre la Cœlé-Syrie. La naissance d'un prince héritier, Antiochos le Jeune, modifie les rapports de force au sein de l'entourage royal. La perspective de la mort d'Antiochos dans une pays peuplé d'une « population nombreuse et guerrière »Polybe, V, 55. ouvre de nouveaux horizons à Hermias qui peut escompter devenir un régent tout puissant. Mais cette possibilité tourne court : Artabazane, déjà fort âgé, traite avec Antiochos III sans même combattre. Dès lors la méfiance du roi envers son vizir omnipotent se fait croissante. Averti de l'existence d'un complot par Apollophane, son médecin personnel et ne pouvant, ou n'osant, pas le révoquer, le roi fait assassiner Hermias lors d'une promenade, s'assurant une grande popularité parmi ses sujets.. Polybe estime son sort clémentPolybe, V, 56..

Notes et références

Annexes

Sources antiques , V.

Bibliographie .

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Séleucides

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