La cathédrale Sainte-Sophie ou cathédrale Sainte-Sophie de la Sagesse divine (en ) est un édifice religieux orthodoxe construit en pierre, devenu aujourd'hui un musée, conservé sur le territoire de la ville de Vologda. C'est l'une des principales constructions de l'époque d'Ivan le Terrible (avec la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou, la cathédrale de la Dormition de la laure de la Trinité Saint-Serge).

Elle a été construite de 1568 à 1570 sur son ordre. C'est la cathédrale de l'éparchie de Vologda et de Veliki Oustioug depuis 1587. Elle l'a été jusqu'en 1938, ensemble (de 1776 à 1938) avec sa voisine (chauffée) la cathédrale de la Résurrection et la chapelle funéraire de l'archevêché. Sur les murs de la cathédrale sont conservées les fresques du et une iconostase du milieu du .

Histoire La pose de la première pierre du kremlin de Vologda, en 1567, consista en fait à construire sur son territoire une nouvelle cathédrale à la place de l'ancienne en bois appelée cathédrale de la Résurrection. Elle se trouve à la limite du nouveau centre de la ville, sur la place Leniva. La construction de la cathédrale en pierre dans l'enceinte du Kremlin, sur les bords de la rivière Vologda, commença en 1568 sur ordre d'Ivan le Terrible. Selon les chroniques, le tsar Ivan a ordonné de « placer l'église de Sophie de l'Assomption de la Vierge à l'intérieur de la ville à la maison de l'archevêque ». Des fouilles archéologiques réalisées en 2000 dans ce quartier ont révélé l'existence de bâtiments datant des années 1560-1970.

Le modèle architectural de la cathédrale qui est choisi est celui de la Cathédrale de la Dormition de Moscou. Ivan le Terrible, veut, visiblement posséder dans son Opritchnina septentrionale une cathédrale semblable à celle du Kremlin de Moscou. Il supervise lui-même les travaux de construction de l'ensemble du Kremlin de Vologda. Il visite la cathédrale après l'achèvement des grands travaux en 1570. Puis peu de temps après il quitte subitement Vologda. Si bien, que les constructions du kremlin et de la cathédrale sont abandonnées. La tradition raconte que durant une action de grâce, une brique se détacha du pied d'un ange de la fresque du plafond. Elle écrase en tombant le gros orteil d'Ivan le Terrible. Effrayé par ce présage, le souverain va revenir sur sa décision de faire de Vologda la capitale de son royaume. Le tsar furieux décide même de détruire l'église. Mais les fidèles l'implorent et il abandonne son projet. Cet évènement explique que pendant de longues années, l'église n'a pas été consacréeИван Слободской. Летописец. 1716 год.

La cathédrale reste inachevée jusqu'en 1587, jusqu'à ce que le tsar fasse terminer les travaux. Mais pas entièrement puisqu'une chapelle, située au sud, sera encore construite plus tard.

Avant de consacrer l'autel principal, c'est une chapelle située au sud de la cathédrale qui a été consacrée par l'évêque de Vologda et de Perm. Elle est dédiée à Jean le Baptiste, saint patron du tsar Ivan le Terrible. Cet autel était situé dans une abside du diakonik de la cathédrale jusqu'à l'époque des travaux importants des années 1848-1850Les reliques de saint Antoni ont été découvertes en 1998 et conduites en procession jusqu'à l'église Saint Nicolas dans la Sloboda de Vladytchnoï.

En 1612, lorsque des Polonais, des Lituaniens, des Cosaques, des Tcherkesses et des voleurs russesАрхиепископ Вологодский Сильвестр. Из отписки « государства Московскаго боярам и воеводам ». 1613 год prirent la ville de Vologda la cathédrale est saccagée et endommagée par un incendie : le toit, les coupoles et leurs croix sont la proie des flammes. Après le retrait des envahisseurs, commencent les travaux de restauration de la cathédrale. L'iconostase est restaurée. Les accessoires liturgiques indispensables sont empruntés provisoirement aux monastères Spasso-Kamenni et Grouchitski. En 1612-1613 la cathédrale retrouve son état initial et l'autel principal est consacré. La date de la première consécration de cet autel n'est pas connue.

En 1639, le tsar offre à la cathédrale un lustre en cuivre d'un poids de 28 pouds et 30 livres. Durant plusieurs années, dans le port d'Arkhangelsk plusieurs autres lustres sont achetés qui proviennent de l'étranger.

Sous l'évêque Gabriel, en 1686-1688, un artel de peintres iconographes de Iaroslavl, dirigé par Dmitri Plekhanov réalise la peinture à fresque de l'édifice. Plusieurs nouvelles petites ouvertures de fenêtres sont percées dans les murs de l'abside et leurs embrasures sont peintes par le même artel. En 1698 et en 1724, deux incendies dévastateurs endommagent la cathédrale. Après celui de 1724, une nouvelle iconostase à cinq niveaux est installée qui est toujours en place aujourd'hui.

Avant 1776, c'est-à-dire jusqu'à la construction de l'église chauffée de la cathédrale de la Résurrection, les services liturgiques avaient lieu toute l'année, hiver comme été à la cathédrale Sainte-Sophie.

Lors des restaurations importantes des années 1848-1851, à toutes les entrées a été ajoutée de la pierre pour former un narthex, les fenêtres sont élargies, le toit est peint de couleur verte. Dans les années 1860 une clôture est ajoutée autour de l'église.

La cathédrale est visitée plusieurs fois par les tsars : en 1724 par , en 1824 par , en 1858 par .

À l'époque soviétique, en 1923, la cathédrale est fermée et sa propriété transmise au musée-réserve de l'État d'art et d'architecture de Vologda. Dans la cathédrale sont organisées des expositions illustrant la religion et l'athéisme. En 1929, un pendule de Foucault y est installé. Depuis 1935, elle est classée monument architectural d'importance fédérale.

En 1966-1968, l'Association des ateliers scientifiques de restauration, sous la direction de l'architecte Vladimir Banigue (1905-1973) a procédé a différentes restaurations pour redonner à l'édifice son aspect du : reconstruction des zakomars, installation d'un nouveau dôme, restauration des fenêtres étroites, démolition des narthex en pierre ajoutés aux entrées, restaurations des portails. À l'intérieur, sous la direction du restaurateur-architecte Nikolaï Pertsev, sont réalisés des travaux destinés à la fixation des fresques.

Entre 1999 et 2007, des travaux complets de restauration du complexe ont été menés. La cathédrale est maintenant gérée par le musée-réserve de l'État d'art et d'architecture de Vologda et est ouverte aux visiteurs l'été. Pour certaines fêtes religieuses les cérémonies religieuses ont lieu dans la cathédrale. En , le patriarche de toutes les Russies est venu célébrer un service religieux exceptionnel dans la cathédrale.

Consécration Selon la chronique de 1716, établie par Ivan Slabodskoï, il était prévu, à l'origine, de dédier la cathédrale à la Dormition de la Vierge. La cathédrale de la Dormition de Moscou a servi de modèle à la cathédrale de Sainte-Sophie de Vologda. Ceci à une époque où la symbolique de l'église et du gouvernement russe avait une importance toute particulière. Durant la seconde partie du et le premier tiers du , la cathédrale de la Dormition de Moscou devient l'église de la métropole de l'Église russe orthodoxe. Moscou s'affirme comme nouveau centre religieux et conciliaire. C'est ainsi que le modèle de sa cathédrale se voit reproduit à Rostov Veliki, à Dmitrov, au couvent de Novodievitchi. Après le concile de Stoglavi (1551), une deuxième vague de construction suivant le modèle de la cathédrale de la Dormition de Moscou apparaît. Il faut rattacher à cette période la cathédrale de la Dormition de la laure de la Trinité-Saint-Serge (1559) et le début de la construction de la cathédrale Sainte-Sophie de Vologda.

gauche|200 px|vignette|Sophie de la Sagesse divine, icône de la cathédrale (fragment), 1618, musée-réserve de l'État d'art et d'architecture de Vologda.

Il convient encore de signaler qu'à partir du il existait déjà une église de la Dormition au monastère Gorne-Ouspenski) un des plus anciens édifices religieux de la ville de Vologda. Après le départ impromptu d'Ivan le Terrible de Vologda en 1571, la cathédrale est restée longtemps sans avoir été consacrée. En 1587, toutefois une chapelle latérale dans la partie sud de l'édifice est consacrée à Jean le Baptiste. Une telle consécration à l'époque d'Ivan le Terrible n'est pas sans signification importante : un grand nombre d'édifices religieux ont vu le jour sous le règne d'Ivan le Terrible, soit sur son ordre, soit sur ordre de l'Église orthodoxe qui suit ses instructions. Il faut également rappeler qu'Ivan le Terrible souhaitait dédier la cathédrale à son saint patron et on peut supposer qu'en 1587, a voulu honorer la mémoire de son père en organisant cette consécration de la chapelle.

Quant au maître-autel il est consacré en 1612, en l'honneur de Sainte-Sophie, soit la Sagesse divineElle fait référence à la nouvelle consécration. Sophie est la personnification de la philosophie chrétienne, elle représente la sagesse divine personnifiée. La dédicace à Sophie est historique, elle vient d'une ancienne tradition qui a commencé à Byzance. Sophie apparaît dans de nombreuses villes (Sainte-Sophie à Constantinople, cathédrale Sainte-Sophie de Kiev, cathédrale Sainte-Sophie de Novgorod, basilique Sainte-Sophie de Sofia et d'autres encore).

Selon le théologien Georges Florovsky, le fait que la fête de la Dormition fût liée à la fête de Sophie, qui n'avait pas de fête propre dans l'orthodoxie, démontre que les deux fêtes sont proches l'une de l'autre quant à leur compréhension Le culte de Sophie à Byzance et dans la Rus'Флоровский Г. В., О почитании Софии, Премудрости Божией, в Византии и на Руси.

Architecture Conception En architecture, le règne d'Ivan le Terrible est marqué par un renforcement de l'absolutisme qui se traduit par un retour aux formes sévères de la fin du . La cathédrale Sainte-Sophie symbolise cet archaïsme délibéré.

Le plan de la cathédrale est rectangulaire; elle est construite sur base de six piliers et est dominée par cinq coupoles. Les dimensions sont les suivantes : de longueur sur de largeur. Sa hauteur est de . Les matériaux sont des pierres et des briques. Son modèle est la cathédrale de la Dormition de Moscou. vignette|Cathédrale de Sainte-Sophie, intérieur, à Vologda. Espace intérieur L'espace intérieur de la cathédrale est divisé en trois nefs par des piliers. Il est éclairé par deux rangées de fenêtres étroites. Ces fenêtres ont pratiquement toutes la même largeur. Mais au niveau inférieur elles sont plus hautes, tandis qu'au niveau supérieur elles sont plus petites. Elles sont placées au somment et au centre de chaque zakomar. Placées si haut elles forment des puits de lumière grâce à la lumière du zénith qui les traversent. La partie supérieure est éclairée ainsi à l'intérieur par de la lumière venant de plus haut que celle de la partie basse.

Entrées, décor intérieur des murs, revêtements Des portails ouvrent l'accès à la cathédrale au nord-ouest et au sud-est, tandis qu'au sud-ouest c'est un grand porche à arc double en pierre. Les portails sont constitués de chapiteaux et d'archivoltes. Des lésènes séparent les quatre segments différents des façades du plan d'une église à croix inscrite. Le socle de l'église est de forme simple composé de deux redents dans la partie inférieure. Des pilastres séparent les absides qui sont surmontées de zakomars.