Florimond III Robertet, aussi appelé Florimond (II) Robertet d'Alluye pour son titre de baron d'Alluye (né en 1533 et mort le ), est un secrétaire d'État du début de la seconde moitié du , notablement proche de la reine régente Catherine de Médicis.

Biographie

Famille et origines

Florimond III est le fils aîné de Claude Robertet (vers 1567), baron d'Alluye (en Perche-Gouët) et de Bury (en Blésois), d'abord trésorier de France en Normandie puis trésorier général de la généralité de Rouen après la réforme fiscale de 1542 instaurée par l'édit de Cognac de François Ier (). Sa mère, Anne Briçonnet de Cormes, était la petite-fille de Pierre Briçonnet, lui-même fils de Jean Briçonnet (), maire de Tours en 1462.

Par conséquent, Florimond III est, du côté paternel, le petit-fils du célèbre Florimond Ier Robertet (), principal ministre de Louis XII () dans la seconde partie de son règne, et le cousin germain éloigné au degré de Florimond Robertet de Fresnes (ou Florimond II ; ), aussi secrétaire d'État sous Catherine de Médicis ; mais également, du côté maternel, le petit-neveu du cardinal Guillaume Briçonnet (), qui fut aussi archevêque-duc de Reims puis archevêque de Narbonne.

Carrière

Débuts D'après Jean Bernier, Florimond serait né en 1533 en Blésois. (probablement au château de Bury ou bien au sein de l'hôtel d'Alluye, demeure familiale dans la cité), bien que Louis-Alexandre Gitton du Plessis, historien blésois du , remette en cause qu'il soit né à Blois-même..

Sans que l'on ne puisse identifier lequel des deux cousins, un des Florimond aurait commencé sa carrière comme secrétaire particulier du cardinal Jean du Bellay, au moins entre 1547 et 1549.

Sous l'impulsion de son père, Florimond serait entré au service du duc François de Guise, devenu grand chambellan de France en 1551.

Dès 1553, son père lui cède son office de trésorier général affecté à la généralité de Rouen.. Il conserva cette charge jusqu'à sa mort..

Le secrétaire Robertet d'Alluye En , il est nommé secrétaire d’État des affaires étrangères par le roi François II, sur recommandation du duc de Guise... Il succède ainsi à Jean Duthier, aussi dit Jean du Thier, qui, malade, a résigné son office en mars de la même année. Cette nomination intervient seulement un an après que son cousin Robertet de Fresnes ait succédé à son beau-père, Côme Clausse, en tant que secrétaire d'État à la Marine et dont il hérite du portefeuille des affaires étrangères avec les royaumes d'Espagne et de Portugal. Ainsi, les deux proches parents ont exercé en même temps et parallèlement les charges de secrétaire d’État dans deux départements différents, Robertet d'Alluye étant affecté aux relations notamment avec le Dauphiné et aux affaires étrangères avec les nations de la péninsule italienne et le Levant..

Entre le 21 et le , Robertet d'Alluye, accompagné de son cousin et des autres secrétaires d'État, participe à l'assemblée de notables au sein du château de Fontainebleau. Réunie par Catherine de Médicis, cette conférence entre les Grands du Royaume confirme le refus d'accorder des lieux de culte aux Protestants, qui a ensuite mené aux États généraux de 1560 réunis en toute fin d'année à Orléans, durant lesquels le prince Louis Ier de Bourbon-Condé est arrêté. vignette|300x300px|Gravure de Jacques Tortorel datant de 1570 représentant les États généraux de 1560.. Les quatre secrétaires d'État figurent au centre du premier plan. En , Robertet d'Alluye est chargé de se rendre au parlement de Paris pour demander l'annulation des poursuites contre le prince de Condé, également prince de sang et, de ce fait, issu de la famille royale des Capétiens, dont la survie de la branche régnante des Valois-Angoulême se trouve en péril. Cette manœuvre se situe à l'inverse de ce qu'a vécu le prince avec Robertet de Fresne, qui l'interrogea pendant sa détention en lors des États généraux, six mois auparavant..

Le , la tenue d'une cérémonie protestante à l'intérieur de la ville de Wassy, en Lorraine et le passage dans le village des troupes du duc François de Guise mènent à des affrontements entre catholiques et protestants : le massacre de Wassy vient de déclencher la première guerre de Religion. Le mois suivant, les cousins Robertet sont tous deux envoyés à Orléans, alors prise par le prince de Condé, reconnu comme chef des Huguenots, qui s’est aussi emparé de Blois, de Tours, d’Angers et du Mans. Le prince refusa de se rendre tant que le duc de Guise faisait partie de la Cour, son bannissement servant de punition pour sa participation au massacre.

Également en 1562, Robertet d'Alluye est chargé par Catherine de Médicis et les frères de Guise d'officialiser la restitution du Piémont, telle qu'actée en par la paix de Cateau-Cambrésis, au profit du duc Emmanuel-Philibert de Savoie.

L'année suivante, Catherine de Médicis l'envoie en Angleterre pour engager la reine Élisabeth à rendre le Havre, ce qu'elle ne refusa pas, à condition que la France ne lui cède Calais en échange. Si la négociation fut vaine, l'armée française commandée par le connétable de Montmorency récupéra la cité fondée par François Ier.

Un Robertet investi en Blésois En 1564, Florimond est nommé président de la Chambre des comptes de Blois..

En 1566, il acquiert, pour , une moitié de la seigneurie de Beauregard, dans son Blésois natal, dont ses modestes châteaux de Beauregard et de Vaugelay, à la veuve de son prédécesseur, Jean Duthier. À la mort de cette dernière, en 1568, il en racheta la seconde partie à son donataire, Simon Testu, alors seigneur de Menars.

Le , Robertet d'Alluye cède son office de secrétaire du roi à un de ses collaborateurs, un certain Nicolas Dolu..

Mort Florimond mourut prématurément au cours de ses fonctions de secrétaire d’État, le à Paris, deux ans après son cousin Robertet de Fresnes ; il n'avait que .. La cause et les circonstances de son décès sont inconnues.

Son office de secrétaire d'État est transmis deux jours plus tard à un autre de ses collaborateurs, Pierre Brûlart, seigneur de Genlis.

Hommages Proche de Pierre de Ronsard (), le célèbre poète dédia en 1564 notamment quatre poèmes à chacun des secrétaires d'État en place, réunis dans son recueil Les Hymnes, dont deux sont dédiés à chacun des cousins Robertet : l’Hymne du Printemps pour Robertet d'Alluye , et l’Hymne de l'Été pour Robertet de Fresnes.

Le Prince des poètes renouvelle dans son recueil Les Églogues (1560) : dans Les Pasteurs, il décrit deux personnages, Aluyot et Fresnet, directement inspirés des deux cousins Robertet.

Mariage et descendance En 1557, il épouse Jeanne de Halluyn de Pienne, aussi dite Jeanne d'Halluin, qui devient dame d’honneur de Catherine de Médicis à partir de 1567. Jeanne venait alors de rompre son mariage secret avec le grand-maître François de Montmorency, afin de laisser ce dernier épouser Diane de France, fille légitimée d'Henri II avec une courtisane rencontrée en Italie, Filippa Duci.

Le couple eut un enfant, Étienne Roberdet d’Alluye. En effet, c’est à ce moment que le nom Robertet s’est changé en Roberdet pour cette branche de la famille.

Devenue veuve et ayant perdu son seul enfant, Jeanne se retira au château d'Alluyes duquel elle prit le titre de , et choisit de se consacrer à servir la reine mère, Catherine de Médicis, jusqu'à sa mort en 1581.

Héritage

Armoiries

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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Voir plus loin Articles connexes

Famille Robertet Alluyes Hôtel d'Alluye (Blois) Château de Bury (Molineuf) Château de Beauregard (Cellettes)

Liens externes

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