Les Hachd al-Chaabi (PMF ; en , « Unités de mobilisation populaire » ou « Forces de mobilisation populaire ») sont une coalition paramilitaire de milices en majorité chiites formée en 2014 pendant la seconde guerre civile irakienne. Parrainée par l'État irakien, elles sont composées de plusieurs dizaines de factions armées différentes, pour la plupart des groupes musulmans chiites, mais elles comprennent également des groupes de confession musulmane sunnite, chrétienne et yézidie. Les unités de mobilisation populaire en tant que groupe ont été créées en 2014 et ont combattu dans presque toutes les batailles majeures contre l'État islamique.
Certaines de ses milices qui sont alliées de l’Iran sont considérées comme des groupes terroristes par certains États, tandis que d’autres ont été accusées de promouvoir la violence. Les factions paramilitaires khomeinistes des Hachd al-Chaabi ont été engagées dans des conflits politiques et idéologiques avec les factions pro-sistanistes et sadristes du Hachd al-Chaabi, et leur rivalité croissante a éclaté en affrontements violents.
Symbole Bien que les factions aient leurs propres drapeaux, un drapeau jaune ou blanc avec l'expression « Al-Hashd Al-Sha'bi » est également utilisé par les groupes coalisés avec le drapeau irakien.
Organisation Fondation Le , à Nadjaf, trois jours après la chute de Mossoul, l'ayatollah Ali al-Sistani appelle au djihad contre l'État islamique, entraînant l'arrivée de milliers de volontaires dans les rangs des milices chiites .
Selon Allan Kaval et Louis Imbert, journalistes au journal Le Monde : .
Commandement Le président des Hachad al-Chaabi est Faleh al-Fayadh, conseiller à la sécurité nationale ; mais le numéro 2, Abou Mehdi al-Mouhandis, le chef des Kataeb Hezbollah, est d'après l'AFP . Ce dernier est tué par une frappe aérienne ciblée américaine à proximité de l'aéroport international de Bagdad le . Le commandant de la , Mushtaq Talib al-Saïdi, est quant à lui tué par une autre frappe ciblée américaine à Bagdad le , soit quatre ans plus tard à un jour près.
Effectifs Début 2015, les effectifs des Hachd al-Chaabi sont estimés entre . Fin 2016, elles revendiquent . Fin 2017, le Parlement affirme avoir compté .En Juin 2023, on compte
Composition Les Hachd al-Chaabi regroupent 60 à 70 milices, si certaines d'entre-elles sont sunnites, chrétiennes, yézidies ou shabaks, la grande majorité sont des brigades chiites armées et financées par l'Iran et épaulées par des conseillers militaires iraniens . Au sein des Hachd al-Chaabi, les groupes sont rassemblés ou divisés en plusieurs brigades . Certaines milices particulièrement importantes, comme l'Organisation Badr, sont présentes dans plusieurs brigades. Le chercheur Morgan Lotz dresse la liste complète des différentes milices qui composent les Hachd al-Chaabi. : Organisation Badr et Liwa al-Imam Muhammad al-Jawad : Division de combat de l'Imam Ali : Organisation Badr : Organisation Badr : Organisation Badr : Kataeb Djound al-Imam : Liwa al-Muntadhar : Saraya Ashura : Organisation Badr et Liwa Kerbala : Organisation Badr : Liwa Ali al-Akbar : Harakat Hezbollah al-Nujaba : Liwa al-Tafuf
: Quwat al-Shaheed al-Sadr et and Kataeb al-Fatah al-Mubin : Organisation Badr et Brigades turkmènes : Saraya al-Djihad : Saraya al-Khorasani : Ansar Allah al-Awfiya et Tashkil al-Hussein al-Thair : Liwa al-Taff : Organisation Badr : Organisation Badr : Organisation Badr : Organisation Badr : Quwat al-Shaheed al-Sadr al-Awal : Division de combat d'al-Abbas : Organisation Badr et Quwat al-Shaheed al-Qa'id Abu Muntadhar al-Muhammadawi : Saraya Ansar al-Aqeeda : Kataeib Ansar al-Hujja : Organisation Badr et milice chabak : Kataeb al-Tayyar al-Risali : Quwat Wa'ad Allah : Quwat al-Shaheed al-Sadr : Organisation Badr, Liwa al-Hussein et Régiment Lalesh : Harakat al-Abdal : Brigades de l'imam Ali : Asaïb Ahl al-Haq : Asaïb Ahl al-Haq (Quwat/Liwa al-Shaheed al-Qaid Abu Mousa al-Amiri) : Asaïb Ahl al-Haq (Saba al-Dujail) : Liwa Ansar al-Marja'iyya : Kataeb Hezbollah : Kataeb Hezbollah (Saraya al-Difa al-Shaabi) : Kataeb Hezbollah (Saraya al-Difa al-Shaabi) : Brigades de Babylone : Brigade Salah al-Din : Organisation Badr et Brigades turkmènes : Organisation Badr et Liwa al-Hussein : Organisation Badr : Liwa Hashd Shuhada Kirkuk : Saraya Ansar al-Aqeeda : Milice sunnite : Fursan al-Joubour : Nawader Shammar : Brigades turkmènes : Jaysh al-Mu'ammal : Organisation Badr : Garde de Ninive : Brigades de la paix : Brigades de la paix : Régiment sunnite : Tribu Sab'aween : Jubur : Unités de résistance de Sinjar
Liens avec le gouvernement irakien et l'armée irakienne Le gouvernement irakien de Haïder al-Abadi souhaiterait dépolitiser ces milices en les intégrant dans une Garde nationale, mais le projet de loi correspondant, en , n'a pas été accepté par le Parlement.
Fin , une loi votée au Parlement reconnaît les Hachd al-Chaabi comme une composante des Forces armées irakiennes, placée sous l'autorité directe du Premier ministre . Cependant cette intégration reste théorique. Les tentatives des gouvernements irakiens pour placer les Hachd al-Chaabi sous l'autorité de l'État échouent. En 2019, un budget de 2,17 milliards de dollars est alloué aux Hachd.
Le , dans un sermon lu en son nom à la mosquée de Kerbala, l'ayatollah Ali al-Sistani appelle à la dissolution des Hachd al-Chaabi et à l'intégration de leurs combattants au sein des services de sécurité de l’État irakien .
Lors des élections législatives irakiennes de 2018, les milices se dotent d'une branche politique et se regroupent autour de l'Alliance Fatah.
La , principalement composée de Yézidis, est en revanche réputée proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui était intervenu en Irak en 2014 pour protéger cette population des persécutions de l’État islamique. La brigade est régulièrement ciblée par des attaques aériennes de l'armée turque.
Idéologie La plupart sont des milices chiites sont pro-iraniennes, proches du guide de la révolution Ali Khamenei, et leur objectif est l'instauration en Irak d'un gouvernement islamique chiite fondé sur le Velayat-e faqih. Six groupes chiites en revanche, proches de l'ayatollah Ali al-Sistani, rejettent le Velayat-e faqih. Enfin les brigades de la paix, dirigées par Moqtada al-Sadr, tiennent une position nationaliste et cherchent à s'éloigner de l'influence iranienne .
Les milices présentes sont composées par les confessions religieuses et les groupes ethniques présents en Irak, en majorité des Arabes chiites et des arabo-persans, une minorité d'Arabes sunnites tribaux, des Assyriens catholiques, des Turkmènes d'Irak et des Kurdes. Elles sont reliées à la politique de défense de leurs intérêts ethniques et religieux.
Politique En 2018, après la défaite de l'État islamique, les Hachd al-Chaabi aspirent à jouer un rôle politique en Irak. Comme les milices ne peuvent pas présenter de candidats, beaucoup de leurs chefs démissionnent afin de participer aux élections. Ils forment une coalition appelée « l'Alliance Fatah » et surnommée la coalition « des moudjahidines ». Les Hachd al-Chaabi demeurent cependant divisés entre les « khameneistes », les « sistanistes » et les « sadristes ». Contre l'avis de Moqtada al-Sadr, « l'Alliance du Fatah » apporte son soutien au Premier ministre Haïder al-Abadi . Cependant l'alliance, formée le , ne dure que 24 heures ; al-Abadi décide finalement de concourir séparément aux législatives . L'Iran soutiendrait pour sa part une candidature d'Hadi Al-Ameri, le chef de l'Organisation Badr.
Pertes Environ des Hachd al-Chaabi sont tués entre et lors de la seconde guerre civile irakienne . En , Ahmed Al-Assadi, porte-parole des Hachd al-Chaabi, annonce que près de ont été tués et au cours du conflit . Cependant en , il hausse le bilan des pertes entre 2014 et 2017 à et .
Réactions internationales En 2016, le commandant de la CJTF-OIR, le lieutenant-général Stephen J. Townsend, a décrit les milices PMF comme des alliés « remarquablement disciplinés » depuis son arrivée. Il a ajouté que les Hachd al-Chaabi pourraient rendre l’Irak plus sûr – si elles devenaient une force semblable à une garde nationale, et non une «marionnette» de l'Iran.
Exactions et crimes de guerre
Les milices ont été accusées de nombreux crimes de guerre durant la seconde guerre civile irakienne visant principalement des civils sunnites dans les zones reconquises à l'État islamique. Amnesty International a ainsi recueilli des témoignages décrivant des rafles et exécutions sommaires visant de jeunes hommes.
Le , 29 prostituées et deux hommes proxénètes sont massacrés dans le quartier de Zayouna, à Bagdad, probablement par des miliciens chiites . Le , des combattants des Hachd al-Chaabi massacrent au moins 68 civils sunnites dans une mosquée à Hamrine près de Bakouba, dans la province de Diyala . Le , 56 à 77 jeunes hommes sunnites sont fusillés par des miliciens dans le village de Barwana, également dans la province de Diyala. Après la reprise de Tikrit à l'État islamique, des témoins indiquent des destructions d'habitations civiles pour les milices. À ce propos, le vice-président irakien déclare que . Les milices sont supposées agir en vengeance du massacre de Tikrit, durant lequel plus de mille prisonniers de guerre chiites ont été exécutés par l'État islamique. Selon Human Rights Watch, en les miliciens chiites exécutent au moins plusieurs dizaines de civils sunnites, ravagent des maisons et de mosquées, et commettent des enlèvements et des pillages dans les environs de Mouqdadiyah, dans la province de Diyala . Lors de la bataille de Mossoul, les milices chiites ont également exercé de nombreuses vengeances à l'encontre de la population sunnite.
Membres notables Abou Azrael (depuis 2014) Abou Tahsine al-Salhi (2014-2017, mort au combat.) Salwan Momika (2014-2017, a fait défection.)
Bibliographie Morgan Lotz, Comprendre les Gardiens de la Révolution islamique - Leurs engagements et leurs actions, L'Harmattan, ,
Vidéographie . Liens externes . .
Notes et références
Catégorie:Faction armée en Irak Catégorie:Faction armée islamiste chiite Catégorie:Relations entre l'Irak et l'Iran Catégorie:Axe de la résistance