vignette|252x252px|L'Érechthéion (421–406 av. J.-C.). vignette|252x252px|Illustration représentant des colonnes qui, de gauche à droite, appartiennent aux ordres dorique, ionique et corinthien. L'architecture de la Grèce antique désigne le style architectural mis en œuvre par les Grecs dont la culture a prospéré en Grèce continentale, au Péloponnèse et sur les îles de la mer Égée ainsi que dans leurs colonies d'Anatolie et d'Italie sur une période s'étalant d'environ 900 av. J.-C. jusqu'au apr. J.-C. Les plus anciennes œuvres architecturales parvenues jusqu'à nos jours ne remontent toutefois qu'approximativement à 600 av. J.-C.

Ce style architectural est désormais essentiellement reconnu pour ses temples, que l'on retrouve en très grand nombre dans toute l'aire culturelle grecque, et dont le Parthénon est considéré tant aujourd'hui qu'à l'époque de son érection comme le modèle absolu. La plupart des vestiges de ces anciens temples sont très parcellaires et les mieux conservés se trouvent en dehors des limites de l'État grec actuel. Le deuxième type d'édifice le plus fréquemment retrouvé dans tout l'ancien monde hellénique correspond aux théâtres, dont les plus anciens datent d'environ 525-480 av. J.-C. Outre les théâtres et les temples, on retrouve encore des portes (propylées), des places publiques (agoras) parfois entourées de murs soutenus par des colonnades (stoas), des gradins où se sont réunies les assemblées municipales (bouleutérions), des tombeaux monumentaux (mausolées) ainsi que des stades.

Il se distingue par ses caractéristiques hautement formalisées, tant sur le plan structurel qu'au niveau des ornements et décorations. C'est particulièrement vrai dans le cas des temples dont chaque bâtiment semble avoir été conçu comme une entité sculpturale s'intégrant dans son paysage, la plupart du temps élevée afin que l'élégance de ses proportions et de ses effets de lumière puissent être observées sous tous les angles. Nikolaus Pevsner disait que « la forme plastique du temple grec est […] placée devant nous avec une présence physique plus intense, plus vivante que celle de tout autre édifice ultérieur ».

Le vocabulaire courant de l'architecture grecque antique, en particulier sa division en trois ordres bien définis (dorique, ionique et corinthien), a exercé une influence considérable sur l'architecture occidentale. L'architecture de la Rome antique, à titre d'exemple, est entièrement issue de celle de la Grèce et a transmis son héritage en Italie où elle continue d'avoir une vive influence. À partir de la Renaissance, les principes du classicisme ont perpétué non seulement les formes précises et les détails ordonnés de l'architecture grecque, mais aussi son concept de perfection architecturale fondée sur la beauté, l'équilibre et la proportion. Les courants architecturaux néo-classique et Greek Revival suivent et adaptent de près l'architecture grecque antique.

Contexte

Cadre géographique La Grèce et ses îles sont très rocailleuses, avec des côtes profondément découpées, des chaînes de montagnes accidentées et peu de surfaces boisées. Le matériau de construction le plus abondamment disponible est par conséquent la pierre, notamment le calcaire trouvable aisément et surtout très malléable. D'abondants gisements fournissent du marbre blanc de haute qualité à la fois sur le continent et sur les îles, en particulier à Páros et à Naxos. La finesse de cette pierre a été l'un des facteurs déterminants ayant contribué à la précision des détails architecturaux et sculpturaux caractéristiques de l'architecture de la Grèce antique. De la même manière, l'argile servant à fabriquer la poterie était omniprésente dans la région et des gisements majeurs se trouvaient près d'Athènes. Non seulement exploitée pour la production de céramiques, l'argile faisait également office de tuiles pour les toits et pouvait avoir une fonction ornementale.

Le climat grec est tempéré, soumis à la fois au froid hivernal et à la chaleur estivale mais toujours modéré par les brises marines. C'est pour cette raison que les Grecs ont développé un mode de vie très sociable dans lequel bon nombre d'activités quotidiennes se déroulaient à l'extérieur. Ainsi, les temples étaient placés sur le sommet des collines, leurs façades extérieures étant conçues comme des points de repère visuels ou de rassemblements lors des processions, tandis que les théâtres étaient aménagés sur des pentes naturelles où les gens pouvaient s'asseoir confortablement en plein air plutôt que dans des structures confinées entre quatre murs. Les colonnades ou les cours qui encerclaient parfois certains bâtiments pouvaient offrir un abri contre le soleil ou en cas d'averses soudaines.

La luminosité du ciel grec est sans doute le troisième facteur le plus important vis-à-vis du développement du caractère particulier de l'architecture de la Grèce antique. La lumière est souvent extrêmement claire, et par temps ensoleillé le ciel et la mer sont tous deux d'un bleu vif. Par effet de contraste, cette lumière dessine également des ombres nettes qui confèrent une certaine précision aux détails des paysages entourant les édifices. Dans cet environnement caractéristique, les architectes grecs érigeaient des bâtiments qui se distinguaient par la précision de leurs détails. Les surfaces de marbre étincelantes étaient lisses, courbes, cannelées ou richement sculptées pour refléter la lumière du soleil, projeter des ombres graduées et changer de couleur en fonction de la lumière du jour.

Cadre historique Les historiens découpent généralement la civilisation grecque antique en deux phases majeures : la période archaïque/classique (de 900 av. J.-C. environ à la mort d'Alexandre le Grand en 323 av. J.-C.) et la période hellénistique (de 323 av. J.-C. à 30 apr. J.-C.). Vers le début de l'époque classique, aux alentours de l'an 600 av. J.-C., des œuvres architecturales aux dimensions massives font leur apparition. Au cours de la période ultérieure (hellénistique), la culture grecque s'est répandue à la suite des conquêtes d'Alexandre le Grand puis de la domination de l'Empire romain, qui en a absorbé la plus grande partie pour l'intégrer à sa propre civilisation.

Mais avant cet âge d'or, deux grandes cultures dominaient ce qui allait devenir la Grèce : la civilisation minoenne (vers 2 800 - vers 1 100 av. J.-C.) et la civilisation mycénienne (vers 1 500 - 1 100 av. J.-C.). « Minoenne » est le nom attribué par les historiens modernes à la civilisation de l'ancien peuple de la Crète, célèbre pour ses vastes palais richement décorés et pour sa poterie souvent peinte de motifs floraux ou marins. Les Mycéniens, qui vivaient quant à eux dans le Péloponnèse, étaient culturellement très distincts puisque leurs édifications avaient une vocation essentiellement militaire (citadelles, fortifications) ou religieuse (tombeaux) tandis que leurs vases n'étaient pas décorés d'algues ou de poulpes mais bien souvent de marches de soldats. Les deux civilisations s'effondrèrent brutalement vers 1 100 av. J.-C., la première probablement à cause d'une éruption volcanique et la seconde à cause d'une invasion menée par les Doriens qui peuplaient déjà la Grèce continentale. À la suite de ces événements, la région semble avoir connu un certain repli au cours de la période souvent désignée comme les siècles obscurs.

Cadre artistique vignette|264x264px|Amphore à figures noires (500-490 av. J.-C.) présentant les proportions et le style caractéristiques de l'art grec ancien. vignette|440x440px|L'éphèbe de Critios (vers 480 av. J.-C.), exemple typique d'une statue humaine à l'époque grecque antique. L'histoire de l'art de l'époque grecque antique est généralement subdivisée en quatre périodes : le protogéométrique (1 100-900 av. J.-C.), le géométrique (900-700 av. J.-C.), l'archaïque (750-500 av. J.-C.) et le classique (500-323 av. J.-C.) ; la sculpture à elle seule fait l'objet d'un découpage chronologique différent : style sévère, premier classicisme et second classicisme. Les premiers signes du caractère distinctif de l'architecture grecque antique se reflètent déjà dans la poterie des Doriens au av. J.-C., dont le sens des proportions, la symétrie et l'équilibre n'étaient pas apparentes dans les productions crétoises et mycéniennes. La décoration est précisément géométrique et ordonnée soigneusement sur chaque récipient. Ces qualités esthétiques sont le résultat d'un millénaire de tradition de fabrication potière en Grèce et auront une influence décisive sur l'architecture qui émergera quelques siècles plus tard. Cette amélioration s'est produite grâce à l'usage croissant de la figure humaine comme motif décoratif majeur dans l'optique de dépeindre l'humanité, sa mythologie, ses activités ou ses passions.

L'évolution de la représentation de la forme humaine dans la poterie s'est accompagnée d'une évolution analogue dans la sculpture. Les minuscules bronzes stylisés de la période géométrique ont cédé la place à des représentations monolithiques grandeur nature très formalisées à l'époque archaïque. La période classique a été marquée par une évolution rapide vers des représentations idéalisées mais de plus en plus réalistes de divinités sous des traits anthropomorphes. Cette évolution a eu des répercussions directes sur la décoration sculpturale des temples, car bon nombre des plus grandes œuvres existantes de la sculpture grecque antique ornaient autrefois les temples, et de même les plus grandes statues, telles que les statues chryséléphantines perdues de Zeus au temple de Zeus à Olympie et d'Athéna au Parthénon d'Athènes, toutes deux hautes de plus de 12 mètres, y étaient autrefois abritées.

Cadre religieux et philosophique gauche|vignette|252x252px|Maquette de l'ancienne Olympie avec le temple de Zeus au centre. gauche|vignette|Reconstitution de la colossale statue d'Athéna, autrefois abritée au sein du Parthénon. La religion grecque antique était une forme d'ensemble de cultes voués à la nature hérités directement des croyances des peuples anciens ayant vécu en Grèce. Cependant, elle se démarque de ses prédécesseurs en ce que l'homme n'était plus considéré comme un péril pour la nature mais comme son fruit le plus sublime. Les éléments naturels étaient personnifiés et incarnés par des dieux physiquement et psychologiquement humains.

Il était d'usage de croire que la demeure des dieux était située au sommet de l'Olympe, la plus haute montagne de Grèce. Les principales divinités du panthéon grec étaient : Zeus, dieu suprême et souverain du ciel ; Héra, sa femme et déesse du mariage ; Athéna, déesse de la sagesse ; Poséidon, dieu de la mer ; Déméter, déesse des moissons ; Apollon, dieu du soleil, de l'ordre, de la guérison, de la maladie, de la raison, de la musique et de la poésie ; Artémis, déesse de la virginité, de la chasse et de la nature sauvage ; Aphrodite, déesse de l'amour ; Hermès, dieu du commerce et des voyageurs ; Héphaïstos, dieu forgeron du feu ; et Dionysos, dieu de la vigne et du vin. Le culte des dieux, comme beaucoup d'autres activités quotidiennes, se pratiquait à l'air libre en communauté. Cependant, vers 600 av. J.-C., les dieux étaient souvent représentés par de grandes statues qui nécessitaient d'être conservées à l'abri des intempéries. C'est à cet effet que de nombreux temples vont être édifiés vers la même époque.