Charles Levavasseur, né le à Rouen et mort le au château de Radepont, est un entrepreneur et homme politique français.

Biographie Charles Levavasseur est le fils cadet du baron Jacques Le Vavasseur et de Marie-Aimée Chapais de Marivaux. Son père Jacques (1767-1842), propriétaire à Rouen, est filateur au Houlme, armateur et négociant, assureur de navires. Charles est ainsi petit-fils de Pierre Jacques Amable Levavasseur et du baron Charles-Bernard Chapais de Marivaux, neveu du général Pierre Léon Levavasseur et frère du baron James Le Vavasseur.

Gendre de Denis-Simon Caroillon de Vandeul, il est le père de : Arthur (1837-1922), qui lui succédera à la tête des affaires, marié à la sœur de Charles Aubourg de Boury Paul (1838-1899), marié à Léonie Dufresne Léonce (1843-1932), marié à Marguerite Achard de Joumard-Tison d'Argence.

Il fut, comme son père, filateur et armateur. Associé dans la gestion de la filature Levavasseur depuis ses débuts, il devient propriétaire du domaine. , un incendie ravage la filature de laine. En 1844, il achète le domaine de Radepont qui s'étend sur plus de cinq kilomètres le long de l'Andelle.

En 1851, deux autres lieux de production sont ravagés par l'incendie. Charles Levavasseur décide de raser le site industriel et d'établir en aval la nouvelle usine, . En 1855, il projette la reconstruction de la filature. Pour faire tourner les machines de la filature prévue pour 300 ouvriers, il dévie le cours de l'Andelle et fait construire un canal. Les travaux commencent en 1857. L'usine, de style néogothique anglais, mesure de long pour de large. Les cheminées, cachées dans les tours aux quatre coins, s'élèvent à . Une « petite filature », de ( de long et de large, est construite à proximité. En 1861, l'usine commence sa production.

Sous la monarchie de Juillet, il est plusieurs fois candidat de l'opposition constitutionnelle à la députation pour la Seine-Inférieure. Après deux échecs , il est, le , après la mort de Charles Bérigny, élu à sa place, député de Seine-Inférieure (Dieppe). Siégeant avec la gauche dynastique , il est monté plusieurs fois à la tribune, pour défendre les intérêts de la marine marchande.

Réélu, le , dans le de la Seine-Inférieure (Rouen), tandis qu'il échouait à Dieppe face à Gustave Rouland, il combattit la politique de Guizot et prit part au mouvement réformiste.

La Révolution française de 1848 le rejeta dans les rangs du parti conservateur. Élu, le , représentant de la Seine-Inférieure à l'Assemblée constituante, il siégea à droite, fut du comité extra-parlementaire de « la rue de Poitiers », appartint, dans l'Assemblée, au comité de l'Algérie, et vota : pour le rétablissement du cautionnement et de la contrainte par corps, pour les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière, contre l'amendement Grévy, contre le droit au travail, pour la proposition Rateau, pour les crédits de l'expédition de Rome, contre amnistie, etc. Il prit la parole, le , pour combattre toute espèce de fixation d'un nombre réglementaire d'heures de travail pour les ouvriers.

Le Vavasseur fut réélu, le , représentant du même département à la Législative ; il appartint à la majorité monarchiste et catholique avec laquelle il opina : pour l'expédition de Rome, pour la loi Falloux-Parieu sur l'enseignement, pour la loi du restrictive du suffrage universel, etc.

Rallié à la politique du coup d'État du 2 décembre 1851, il fut choisi par Louis-Napoléon Bonaparte pour faire partie de la Commission consultative.

Puis il fut élu, comme candidat du gouvernement, le , député de la de la Seine-inférieure au Corps législatif, contre Achille Lemasson. Levavasseur s'associa au rétablissement de l'Empire, parla, avec une certaine verve grondeuse, sur les chemins de fer, sur les douanes, sur les travaux des ports, et vota le plus souvent avec la majorité dynastique jusqu'aux élections de .

Ayant perdu le bénéfice de la candidature officielle, il échoua alors dans la même circonscription, face à Augustin Pouyer-Quertier, candidat officiel.

Publications Question des sucres (1837) Question coloniale (1839) Esclavage de la race noire aux colonies françaises (1841) Surtaxe des alcools (1843) Lettre à M. Pouyer-Quertier, député au Corps législatif (1862) Notice sur Paul-Émile Botta (1880) Causerie d'un père avec ses enfants : un épisode de la Révolution (1882) Observations sur le projet de loi relatif aux sucres (1883) Vie de Chapais de Marivaux, magistrat (1883) De l'influence de l'art mécanique sur l'abolition de l'esclavage antique (1884) Petite Histoire d'une grande dame pendant et après l'Émigration (1885) Une visite chez le roi Louis-Philippe (1888) Notice sur Édouard Corbière

Sources Dominique Barjot, Les Patrons du Second Empire : Anjou, Normandie, Maine, 1991. Jean-Michel Boehler, Christine Lebeau, Bernard Vogler, Les Élites régionales () : construction de soi-même et service de l'autre, 2002.

Fiche sur Académie de Rouen

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